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 Patoisants en herbe [Journal de Sierre et du Valais central]

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MessageSujet: Patoisants en herbe [Journal de Sierre et du Valais central]   Lun 21 Mar 2005 - 15:35

Le JDS - Journal de Sierre et du Valais central, N°50 du jeudi 18 décembre 2003.

Citation :
A Corin, le patois retrouve les bancs d'école

Corin | Depuis la rentrée des classes, les élèves de 5e et 6e primaire de Corin ont une heure de patois par semaine. Une expérience inédite et unique en Valais, qui réjouit enfants et instituteurs, et qui a eu l'aval de l'Etat.

Bertrand Crittin

Le lundi n'est pas un jour ordinaire au centre scolaire de Corin. Elèves et instituteurs sont même ravis, voire impatients, d'emprunter le chemin qui mène au bâtiment qui surplombe le village et la vallée du Rhône. Car, surprise, depuis la rentrée, les enfants des deux classes de 5e et 6e primaire apprennent une matière pour le moins insolite. A raison d'une heure par semaine, le lundi matin, ils se plongent, accompagnés par André Lagger, dans les subtilités du... patois. Oui, vous avez bien lu, les têtes blondes se sont mises au patois de Chermignon! «Maintenant, quand nous arrivons à l'école, nous avons pris l'habitude de dire bonzor», s'amuse Jacky Briguet, l'un des deux enseignants de l'école avec Grégoire Barras.
Comme souvent, l'idée est partie d'une boutade entre deux compères: «Au printemps, nous avons reçu du DECS (Département de l'éducation, de la culture et des sports) un nouveau manuel intitulé Education et ouverture aux langues à l'école. En le parcourant, nous avons constaté que le patois ne s'y trouvait pas», raconte Grégoire Barras. Le projet était né. Mais tout original qu'il soit, ce projet n'en reste pas moins sérieux. car il a fallu le présenter et le défendre à l'Etat du Valais. «J'ai été surpris par cette initiative et même sceptique, avoue Pierre Epiney, coordinateur des écoles enfantines du Haut-Plateau. J'ai vite compris que les deux enseignants étaient motivés et avaient de bonnes raisons de le faire. Le Département a facilement accepté ce projet.»

Unique en Valais
Adjoint au chef du Département, Michel Beytrison acquiesce, mais surtout veut éviter toute forme d'ambiguïté: «Il n'existe pas de volonté du département de promouvoir et de généraliser le patois à l'école. Il s'agit bien d'une expérience qui s'inscrit dans une démarche d'éveil aux langues. Nous tirerons le bilan après une année.»
Aujourd'hui, Corin est la seule école à réaliser une telle expérience. Avec un certain bonheur, comme en témoignent les réactions des élèves (voir encadré). Les instituteurs, ne pratiquant pas le patois, ont fait appel à un spécialiste bien connu de la région, citoyen d'Ollon, André lagger. «Il avait quelques craintes, car ce n'est pas un enseignant, explique Pierre Emery. Pour lui, c'est en quelque sorte un aboutissement de ses recherches dans le patois. Il peut le transmettre, ralentir son agonie.» Mais que l'on ne se trompe pas sur les buts recherchés par cet enseignement. ce dernier n'a point pour finalité de transformer les enfants en de parfaits connaisseurs et beaux parleurs de la langue dite du coeur. Non, les objectifs sont de développer chez le jeune des attitudes d'ouverture à la diversité linguistique et culturelle, d'élargir leurs connaissances à propos des langues en général, de découvrir des similitudes avec d'autres langues. Et surtout la matière, en fonction du thème abordé, est répartie sur diverses branches comme l'expression orale, l'environnement, l'histoire locale, l'éducation musicale et artistique. «Le patois est la clé permettant de comprendre la plupart de nos noms de famille et de lieux. Il est la langue de nos ancêtres. Par le biais de ce parler, ils nous ont légué leur culture. C'est un pont entre nos racines et le présent», affirme André lagger. Ainsi, derrière cette langue ancienne, se cachent toute une culture, toute une tradition liées à la communauté. Un exemple: les rues de Chermignon sont baptisées en patois. Les enfants peuvent dorénavant les comprendre, du moins essayer. Second exemple parlant: «Les jeunes se mettent à dire bonzor à leurs grands-parents. Certains avaient les yeux qui perlaient», relate André Lagger.
Après quelques semaines d'enseignement, le bilan est réjouissant. Les enfants abordent la matière comme un jeu, André Lagger transmet son savoir avec plaisir. Et les enfants le ressentent. Il suffisait de voir, ce lundi, les gamins, enthousiastes, entonner «Là-haut sur la montagne» en patois. Toutefois, certaines réticences parentales, compréhensibles, ont dû être combattues. «A quoi sert-il d'apprendre le patois?», «Ne va-t-on pas surcharger le programme scolaire?» Interrogations et certitudes sont en grande partie levées. Aucune note ne sanctionne le travail des élèves qui, de surcroît, n'ont pas de leçons à domicile. «Les parents opposés au projet ont fini par y adhérer», remarque Pierre Emery. Pour quelques mois encore, le patois a retrouvé les bancs d'école. Une douce revanche pour une langue qui a été interdite dans les écoles romandes au XIXe siècle pour ne pas faire obstacle à l'enseignement de la langue française.



Dernière édition par le Mer 28 Mar 2007 - 14:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Patoisants en herbe [Journal de Sierre et du Valais central]   Lun 21 Mar 2005 - 15:44

Citation :
«Une expériance marrante»

B.C. - Les élèves de 5e et 6e primaire de Corin l'avoue bien volontiers: ne connaissant pas ou peu le patois, ils ont été plutôt surpris de voir cette langue inscrite à leur programme. Mais l'étonnement a vite laissé place au plaisir. Qui doit à l'attrait de la nouveauté et à la personnalité d'André Lagger. Tous les élèves trouvent leur professeur de patois à leur goût. Les réactions de trois d'entre eux.

- Kim Jullien: «Quand j'ai appris que j'avais du patois à l'école, ça m'a fait bizarre. mes parents ne me croyaient pas. C'est vraiment une expériance originale et marrante. Avec le cours, on aborde toutes les branches comme la science, l'histoire et le français. Dans mon village, j'ai entendu parler deux personnes âgées en patois et j'ai compris quelques phrases. Elles étaient surprises.»

- Raphaël Mittaz: «L'orthographe est simple, plus facile que le français, parce qu'on écrit comme on prononce. Mes parents me demandent parfois de dire quelques phrases en patois. Ça nous permet de connaître le vécu de nos ancêtres.»

- Bertrand Donzé: «On ne savait pas vraiment ce qu'était le patois, mais on rigole bien. Ce serait bien d'avoir cette branche 25 minutes par jour. Le patois nous aide à la compréhension des autres langues. Et puis il n'y a pas de notes et de leçons à la maison.»

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MessageSujet: Re: Patoisants en herbe [Journal de Sierre et du Valais central]   Lun 21 Mar 2005 - 15:55

Citation :
De l'origine des noms

B.C. - Le patois permet de comprendre l'origine de certains noms de villages de la région. L'exemple de quatre d'entre eux.

- Lens: Le terme dérive du patois de la Louable Contrée «Lin» qui signifie lieu de passage. On rencontre d'ailleurs le terme ailleurs en Valais (le Col du Lin qui relie Saxon au Levron). «Lin» accidentellement devenu lens était le lieu de passage et de péage sur le chemin du Rawyl et l'ancien bâtiment bourgeoisial s'appelait la «Douana», la douane.

- Chermignon: En patois «Tsèrmégnôun», grand champ ou grande prairie. Il y a aussi une explication astucieuse qui joue avec la réalité des lieux. «Tsèr» serait «Kèr» du celte signifiant cours d'eau, torrent. «Mégnôun» viendrait du latin «Magnus», grand. Or à l'est de Chermignon-Dessus, le torrent qui descend vers la maison d'école s'appelle grand torrent. Coïncidence ou réalité?

- Montana: En patois, on dit «Môun Tanna» ou «Mont des Tannières». La plus célèbre est aujourd'hui comblée: Lo cliott dè Tsarafouéin», grotte qui fut explorée par les spéléologues où se réfugiait la population en cas de guerres. Cette explication est contestée.

- Icogne: L'origine du mot est obscure. Au vu de sa situation géographique, à l'angle ouest de l'Ancien Lens, le terme viendrait du patois «I Couéin», signifiant aux coinx.

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MessageSujet: Re: Patoisants en herbe [Journal de Sierre et du Valais central]   Mer 13 Avr 2005 - 22:33


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