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 Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé

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chapeland
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MessageSujet: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Ven 21 Sep 2007 - 23:50

Djien lo boé de Barbenténa
Dessi yin tapi de mussa
Sé assetaeu vé ma réna
Djien lo boé, loin de la pussa

Lo tantei de la dimenche
Léssant lu cacariyaeujo
Sons en pé desso le branche
Lo tantei, loin deu tapaeujo.

Solee sont vé la natera;
Sa beutaeu de fréchur pera
No repeuze; no z'entrat bien.

Pémo temps djien la vya dera
Tranquilo ne paeussons l'hera;
Pei lo solé queule liyen.

(Paul Franciole)


Dernière édition par le Dim 14 Oct 2007 - 21:10, édité 1 fois
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loug
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 15:01

j'aurais queque interrogations sur ces champétre sonnets :
"vé" c'est biens avouec ?
"la pussa " c'est quoi donc?
"tantei" pareil ,kesaquo ?
"cacariyaeujo" itou
"pémo" ???
pourquoi loin est graphié une fois "loin " et aprés "loi" ?
la dérniere phrase ...j'ai rien pané..
est aussi d'ou vient donc exactement ce poéte ?du dofené mais onte ?
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 17:02

A mon avis
la pussa : la poussière (de la ville)
tantei : le tantôt (après-midi)
cacariyaeujo : le tapage (bruit incessant)
pémo : faute ? en tout cas je ne vois pas présentement

Pei lo solé queule liyen :
J'ai essayé de transposer dans mon patois pour cette phrase : "po le soulé koun yan", "avec le soleil quel lien !"
Mais c'est vrai que le sens n'est pas génial....
Liyen pour une laie (laya dans certains patois) ? pas super non plus.
Je donne ma langue aux chats
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 17:22

Au sujet de Paul Franciole c'est le pseudo d'Alphonse Bret (merci le catalogue de la BM de Grenoble)
Sur Google on trouve une page où il est question du mariage d'un Alphonse Bret avec un demoiselle Francioli : http://www.lafeuilledolivier.com/Histoire/Fargier.htm

Barbanteine est à Montrigaud, commune drômoise limitrophe de l'Isère.
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kaha
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 20:19

inviteforezien a écrit:
la pussa : la poussière (de la ville)
tantei : le tantôt (après-midi)
moi aussi je vois ça ainsi...

inviteforezien a écrit:
cacariyaeujo : le tapage (bruit incessant)
pémo : faute ? en tout cas je ne vois pas présentement
pour ces deux là, carrément pas!
ni même pour la suite...
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 20:43

kaha a écrit:

inviteforezien a écrit:
cacariyaeujo : le tapage (bruit incessant)
pémo : faute ? en tout cas je ne vois pas présentement
pour ces deux là, carrément pas!
ni même pour la suite...

pémo : faute de frappe !
Pas pémo=faute, lol
J'avais pensé à premier au début mais ça n'a aucun sens.

Pour cacariyaeujo je n'ai aucun doute que ça ait un rapport avec le bruit. Après que ce soit l'angélus du dimanche matin ou le bruit des activités humaines (ville) c'est au lecteur d'interpréter comme il le désire.

Edit : à moins que pémo soit "pé mo", pour moi. C'est en me le répétant à haute voix que j'ai pu voir autre chose que le texte. Toutefois je pensais que moi se disait mi dans cette région.
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chapeland
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 21:16

Excusez-moi, je n'ai pas eu le temps de vous donner la suite de ces sonnets jusqu'à maintenant.

Pour Loug: Il y avait bien une faute de frappe: "loi"= "loin" (corrigé).

Et à présent quelques traductions:

cacariyaeujo=commérages.
Pémo= calme.
Pei lo solé queule liyen=Puis le soleil descend là-bas.
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 21:48

Merci bien pour les traductions. ça permet de voir la diversité de nos patois.

cacariyaeujo : c'est comme nos cancanages, c'est tiré des caquetages de la basse cour

pémo : je ne vois toujours pas de correspondance avec les patois de chez moi

queule : inconnu ici... je suis parti sur une fausse piste d'un point de vue grammatical.

liyen : délé dans mon patois maternel (Monts du Forez), dilé dans mon patois paternel (Monts du Lyonnais)
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 22:53

queule = coule non?
queule liyen = coule loin
pémo : p'émo(a) ? l'âme, l'esprit...
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Dim 14 Oct 2007 - 23:23

Lôren' a écrit:
queule = coule non?
queule liyen = coule loin
pémo : p'émo(a) ? l'âme, l'esprit...

Chapeland a donné la traduction (de l'auteur). Ce n'est plus la peine de chercher à transcrire différemment.

Queule est bien coule dans le sens de notre région (glisser). Cet emploi métaphorique est inconnu chez moi pour le coucher du soleil.

Pémo : on le trouve dans le dictionnaire de Viret : pémo, "calme, paisible (ep. des animaux) [bellecombe, bauges]"
Je ne voix toujours pas de correspondance dans mes patois.
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kaha
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 0:25

Lôren' a écrit:
p'émo(a)
l'apostrophe après le p note quoi? l'accent tonique ou bien que le p se prononce [f]?
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 1:09

non, p'émo = per émo mais ça ne veut pas dire grand chose... Very Happy
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chapeland
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 8:32

inviteforezien a écrit:


Chapeland a donné la traduction (de l'auteur). Ce n'est plus la peine de chercher à transcrire différemment.

Queule est bien coule dans le sens de notre région (glisser). Cet emploi métaphorique est inconnu chez moi pour le coucher du soleil.

Pémo : on le trouve dans le dictionnaire de Viret : pémo, "calme, paisible (ep. des animaux) [bellecombe, bauges]"
Je ne voix toujours pas de correspondance dans mes patois.

Oui, c'est bien la traduction de l'auteur, ai-je omis de préciser. Le fait que certains termes ou certaines expressions peuvent causer des difficultés montrent soit qu'on a beaucoup perdu en 50 ans soit un essai de l'auteur pour établir une langue poétique et littéraire ?
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 10:42

eh oui malheureusement Sad un autre ex: pour boulanger on a tous le mot français, alors qu'il en existait d'autres; en se creusant les méninges, mon père a retrouvé panoquin (hésitation pour le o) construit sur le modèle FP: tabac, tabaquin, tchavata, tchavatin...le sacro-saint jacobinisme "une nation-une langue" a causé des dégats irréversibles pour les langues minorisées Crying or Very sad Crying or Very sad avez-vous lu "halte à la mort des langues" de Claude Hagège? si non, je vous le conseille... Cool
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Cyrano
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 11:51

Ya le dico de Désormaux qu'est pas mal pour se faire une idée de l'évolution de l'arpitan entre le début et la fin du 19ème. Les langues évoluent, on y peut pas grand chose, et ca date pas du 20ème siècle. Les nouveautés techniques ou autre, ont déjà pas mal fait évoluer le vocabulaire. Il n'y a qu'a regarder ce qui se passe en français, avec l'introduction d'un tas de mots anglais. C'est similaire.
Après on a tout autant le droit de faire le tri et de réintroduire des mots perdus. C'est comme de faire le ménage de printemps dans sa maison, est-ce que ca serait interdit sous prétexte que 'c'est comme ça' et que donc faut pas y toucher ? Very Happy
Creusons, creusons ! Choisissons les plus belles formes, les plus beaux mots, et intégrons les a nos patois.
Moi à force de causer avec Loren, j'ai intégré certaines de ses formes, comme je l'ai aussi fait en français avec les locutions foréziennes. Faut pas etre psychorigide et vouloir que la langue reste comme sur un instantanné pris début 20ème ou en 2007.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 12:30

Lôren' a écrit:
pour boulanger on a tous le mot français, alors qu'il en existait d'autres; en se creusant les méninges, mon père a retrouvé panoquin (hésitation pour le o) construit sur le modèle arpitan: tabac, tabaquin, tchavata, tchavatin...
c'est les trucs comme ça que j'aimerai rassembler... toutes les manières de "faire" des mots sans passer/penser par le français.

comme en espéranto: basket-ball = basketbalo... mais aussi korbopilko (deux mots espérantistes pour le même mot... korbo = corbeille, pilko = ball)

et voir si on peut même pas étendre ça à d'autres mots...
panoquin, tabaquin, (?)botâquin (cordonnier...), (?)codroquin (couturier)

et aussi, stipuler toutes les règles, du style (ce ne sont que des exemple surement faux, mais pour montrer la forme):
nom masculin + o + quin
nom féminin + quin
verbe + o + quin
etc...
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 14:47

Attention, cela ne veux pas dire que notre vocabulaire s'est appauvri en 50 ans. On peut tout juste dire que l'auteur n'a pas employé des mots et expressions panarpitans. Si ça se trouve un patoisant du même village de Paul Franciole comprendrait sans le moindre problème.
Perso j'essayais juste de comparer avec mes patois (= ce que je connais). Pémo ne se dit pas chez moi, de même que la jolie image "le soleil glisse" ne dirait pas.

Boulanger est un mauvais exemple, du moins dans ma région. Jusqu'à la seconde guerre mondiale tout le monde faisait son pain à la maison (et si on n'avait pas de four, chez un voisin). Et même jusque dans les années 70 on apportait au boulanger du bourg sa farine pour qu'il en fasse du pain (farine qu'on avait fait moudre chez le meunier à partir de nos céréales).
Pas étonnant alors que l'on ait calqué sur le français ce nouveau métier, cette pratique qui était jusqu'alors inconnue.

Ces noms de métiers me permettent de faire une petite remarque sur l'usage courant.
Epicier a évidemment une forme calquée sur le français (adaptée phonétiquement). On pourrait toujours chercher une forme plus ancienne (qui sonne plus arpitane). En revenant à la maison, après avoir prévenu où on allait, on pourrait dire "j'ai vu Untel à la boutique" (ça fait déjà plus oldie). Mais quand on dit où l'on va, on n'emploie ni la forme patoise d'épicerie ni celle de boutique, on dit "je vais chercher du ??? à [Nom de l'enseigne]". Comme en français on ne dirait pas "chérie je vais faire les courses en grande surface" mais "chérie je vais faire les courses à Carrefour/Supermarché/...".
C'est en tout cas comme ça que ça se passe dans ma famille paternelle et maternelle.

Une nation - une langue : il faudra aussi l'éviter dans notre domaine. Dans les travaux des linguistes on trouve parfois ce genre d'erreur.
En caricaturant :
1. on trouve une mention dans les Méditations de Marguerite d'Oingt (1286) ---> c'est le forme en ancien arpitan (sous entendu des Monts du Forez au Val d'Aoste)
2. la plupart des mots actuels d'autres origines sont qualifiés d'innovations. On fait intervenir l'influence du français ou des dialectes d'oïl/oc ---> on dit alors d'une zone qu'elle fait des emprunts
3. mais pour d'autres mots cette même zone est trouvée très conservatrice.
Certes certains mots voyagent plus que d'autres et en traversant différentes voies de communication mais il n'y a jamais eu d'unité lexicale ou phonétique dans l'ensemble du domaine : pour chaque mot, chaque traitement phonétique il y a des aires de répartition qui se coupent !
L'un des cas bien connu est le doublet caye-cayon pour truie-cochon. A l'ouest on utilise caye mais cochon se dit porc (caye se poursuit dans une bonne partie du Massif Central). A l'est on dit cayon mais on a d'autres mots pour la truie.

Comme tu le dis Cyrano, toutes les langues évoluent. Il y a des phénomènes de mode, des mots qui réussissent plus que d'autres. Je ne vais pas reprendre mes parents quand ils ont des traitements phonétiques différents de leurs propres parents : ils parlent le patois de leur génération, point barre. Là encore ce n'est pas la faute exclusive du français.
JB MARTIN a écrit un petit livre très intéressant : Permanence et Evolution dans les Patois du Lyonnais depuis les Enquêtes de l'ALLy.
Un exemple qui n'est pas tiré de ce livre (le patois est plus conservateur que le français régional) : dans la Loire le nom stéphanois de la pomme de pin, le babet, a tendance à supplanter tous les autres autres termes. Belot est en recul et chez moi le continuateur du patois, la chiorelle, serait tombé en désuétude si un magasin de commerce équitable n'avait pas pris ce nom (très local) pour enseigne. Voilà le point pour le français régional !
Dans mon patois maternel la traduction "académique" de pomme de pin est chiorelle, belot est utilisé de façon plus comique (le terme est plus générique).
Ne pas croire non plus que les vieux mots sont derrière nous. Comme je l'ai déjà dit le matériel récolté est insignifiant par rapport à la richesse de la langue. Brigitte HORIOT avait rédigé un article sur les parlers du Poitou : De l'ALF à l'ALO : l'évolution des patois. En résumé, pour le lexique, on se rend compte qu'Edmont a récolté beaucoup de formes françaises alors que 50 ans plus tard on trouvait sans problème les formes patoises. Edmont se pointait au bourg et faisait souvent ses enquêtes auprès du secrétaire de mairie ou du cafetier. A cette époque il n'avait qu'à écouter parler pour relever du patois mais par facilité il a souvent pris de mauvais témoins.
Si je compare mes patois à l'ALLy :
1. St-Symphorien-sur-Coise
Gardette n'a pas pu enquêter dans cette ville (il aurait voulu poursuivre là où l'ALF était déjà passé) car il n'a pas trouvé de patoisants originaires de la commune (uniquement "les paysans des communes environnantes"). Mon grand-père aurait été heureux de causer patois avec Gardette et lui montrer que le patois pelaud était bien vivant.
2. St-Bonnet-le-Courreau
Gardette a pris un unique témoin pour un village voisin, St-Georges-en-Couzan. "Témoin connaissant très bien le patoois et heureux de parler" (normal il était immobilisé à cause d'un bras cassé).
Bien mal lui en pris : de nombreuses réponses ne sont que du français patoisé.

Pour Basket Ball, chez moi, on aurait des néologismes de la forme "balle/ballon à/au", par exemple "jouer à ballon au panier". Plus générique il y aurait "ballon jeté", ...
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Cyrano
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 15:34

Un exemple de mot patois qui vient du français : Renard.
Il n'y a plus que dans le Piémont qu'on dit encore 'vorpet'.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 15:53

Cyrano a écrit:
Un exemple de mot patois qui vient du français : Renard.
Il n'y a plus que dans le Piémont qu'on dit encore 'vorpet'.

Cela montre le succès du Roman de Renart (nom propre -> nom commun) !
Même en occitanie ce terme s'est imposé : http://thesaurus.unice.fr/recMot/tableauResultat.php?question=renard
Il nous reste toujours des traces en toponymie et dans des dérivés pour le patois.

Pourquoi revenir 8 siècles en arrière ?
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 16:09

Il ne me viendrait pas à l'idée d'introduire (ou réintroduire) certains mots relictuels.
Je ne vais pas dire à quelqu'un de Lyon de choisir mwédr pour traire, mountial pour belette, ... comme c'est le cas dans mon far west arpitan (et dans l'est du domaine).
Certains mots ont disparu depuis des siècles à certains endroits : laissons les dans leur tombe.
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Cyrano
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 16:24

Au contraire je pense qu'on ne doit rien s'interdire.
Qui a parlé de "dire a qqun [...] de choisir [...]" ?
Pas moi en tout cas.
Pourquoi pas utiliser des vieux mots d'arpitan qui sonnent bien ? Et qui plus est n'ont pas disparu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (Contrairement à l'hébreu qui lui a bien été sorti de sa tombe).

Pourquoi devrais-je m'interdire d'utiliser 'avoué' comme le dit Loren au lieu de 'topari', sous le prétexte jacobin coincé (celui de plusieurs acteurs du monde arpitan) que la langue doit rester telle qu'elle est au moment où les gens ont décidé que c'était sa fin ? Au nom de quoi on exige que la langue cesse dévoluer subitement ? Au nom de quoi on exige de la cantoner dans une langue dialectalisée ?
Si ca me plait d'utiliser dans un texte des synonymes de tout le domaine, qui va pouvoir m'en empecher ? Et sous quels motifs ?!
Au nom de quoi devrait-on se limiter au seul vocabulaire traditionnel de sa région d'origine ?

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 16:44

Cyrano a écrit:
Au contraire je pense qu'on ne doit rien s'interdire.
Qui a parlé de "dire a qqun [...] de choisir [...]" ?
Pas moi en tout cas.
Pourquoi pas utiliser des vieux mots d'arpitan qui sonnent bien ? Et qui plus est n'ont pas disparu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (Contrairement à l'hébreu qui lui a bien été sorti de sa tombe).

Pourquoi devrais-je m'interdire d'utiliser 'avoué' comme le dit Loren au lieu de 'topari', sous le prétexte jacobin coincé (celui de plusieurs acteurs du monde arpitan) que la langue doit rester telle qu'elle est au moment où les gens ont décidé que c'était sa fin ? Au nom de quoi on exige que la langue cesse dévoluer subitement ? Au nom de quoi on exige de la cantoner dans une langue dialectalisée ?
Si ca me plait d'utiliser dans un texte des synonymes de tout le domaine, qui va pouvoir m'en empecher ? Et sous quels motifs ?!
Au nom de quoi devrait-on se limiter au seul vocabulaire traditionnel de sa région d'origine ?

On ne s'est pas trop bien compris !

Justement je suis contre l'imposition d'une langue académique, où certaines formes seraient jugées plus correctes que d'autres car plus anciennes / moins françaises.

Mon exposé avait pour but de montrer qu'il n'y a pas de forme panarpitane préférable mais au contraire une multitude de possibilités.
Mountial n'est pas mieux que belette car ça vient du latin classique mustela. Il y a de nombreuses régions où les formes en *bellus sont natives (même si là n'est pas la question).
Des successeurs de mulgere aux 2 extrémités du domaine ne signifient pas que c'était l'unique mot pour traire en ancien arpitan et que mwédr serait à préférer à des soi-disants emprunts.
Sur l'origine de ces termes chez moi pourquoi ne pas y voir tout simplement la même chose que sur l'autre versant (moutial et mouz) mais avec une phonétique arpitane.

Pourquoi des formes proches des dialectes d'oïl (et du français) seraient moins francoprovençales ?

Edit : ceci est nullement dirigé contre les propos de quelqu'un du forum. Personne n'a tenu une telle position. Je dis juste ce que je pense sur un courant de pensée qui existe, malheureusement.
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Lôren'
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Lun 15 Oct 2007 - 23:03

Cyrano a écrit:
Au contraire je pense qu'on ne doit rien s'interdire.
Qui a parlé de "dire a qqun [...] de choisir [...]" ?
Pas moi en tout cas.
Pourquoi pas utiliser des vieux mots d'arpitan qui sonnent bien ? Et qui plus est n'ont pas disparu !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (Contrairement à l'hébreu qui lui a bien été sorti de sa tombe).
à partir de combien de mots? même pas une cinquantaine! bon, les moyens n'étaient pas les mêmes, les finalités non plus...

Pourquoi devrais-je m'interdire d'utiliser 'avoué' comme le dit Loren au lieu de 'topari', sous le prétexte jacobin coincé (celui de plusieurs acteurs du monde arpitan) que la langue doit rester telle qu'elle est au moment où les gens ont décidé que c'était sa fin ? Au nom de quoi on exige que la langue cesse dévoluer subitement ? Au nom de quoi on exige de la cantoner dans une langue dialectalisée ?
Si ca me plait d'utiliser dans un texte des synonymes de tout le domaine, qui va pouvoir m'en empecher ? Et sous quels motifs ?!
Au nom de quoi devrait-on se limiter au seul vocabulaire traditionnel de sa région d'origine ?
Smile
même mon père patoisant de naissance "doute" de l'origine "locale" de certains mots de son patois; les rapports avec le Piémont tout proche a tjs existé; entre les mots d'origine, ceux "empruntés", quelle importance finalement puisqu'ils existent? si on appelait ça des synonymes? est-ce que notre génération peut encore se payer le luxe de dire : ah ben non! ça c'est pas du patois! ça ne se dit pas chez moi!
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 17:32

inviteforezien a écrit:

Edit : ceci est nullement dirigé contre les propos de quelqu'un du forum. Personne n'a tenu une telle position. Je dis juste ce que je pense sur un courant de pensée qui existe, malheureusement.

T'inquiète, je l'avais pas pris pour moi Very Happy Chacun son style, toi c'est le râleur négatif même quand il est content, moi c'est le gars qu'a des coups de sang quand il s'indigne des positions d'un courant de pensée qui existe Very Happy
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 17:35

Lôren' a écrit:

même mon père patoisant de naissance "doute" de l'origine "locale" de certains mots de son patois; les rapports avec le Piémont tout proche a tjs existé; entre les mots d'origine, ceux "empruntés", quelle importance finalement puisqu'ils existent? si on appelait ça des synonymes? est-ce que notre génération peut encore se payer le luxe de dire : ah ben non! ça c'est pas du patois! ça ne se dit pas chez moi!

Voilà, c'est ce que je pense, utiliser un panel le plus large possible de synonymes, faire connaitre ceux qui sont mal connu et qu'on trouve beaux, en les utilisant dans notre patois de tout les jours.
Et même, tant pis si parfois ca frôle l'hyper correction.
Par exemple, chez moi on dit 'finir', mais je préfère emloyer 'chavonar', parce que les patois autour l'utilisent, et que je trouve que ca sonne mieux, et moins patois francisé.
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 18:22

Cyrano a écrit:
T'inquiète, je l'avais pas pris pour moi Very Happy Chacun son style, toi c'est le râleur négatif même quand il est content, moi c'est le gars qu'a des coups de sang quand il s'indigne des positions d'un courant de pensée qui existe Very Happy

je ne suis pas un râleur négatif Mad

Cyrano a écrit:
Par exemple, chez moi on dit 'finir', mais je préfère emloyer 'chavonar', parce que les patois autour l'utilisent, et que je trouve que ca sonne mieux, et moins patois francisé.

Chacun est libre de combler l'usure de son patois Laughing
Pas ce problème ici Razz (je te taquine)
Chavonar c'est achever en français... ça sonne autant français que finir.
On a les deux chez moi et chacun a son emploi distinct (comme en français).
A noter que c'est l'un des très rares mots à avoir un traitement phonétique occitan dans mon patois maternel : chabâ alors que dans des communes voisines on trouve chivâ.


Dernière édition par le Mar 16 Oct 2007 - 20:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 18:53

J'utilise jamais 'achever' en français moi.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 19:05

me oua, per los mochus... Very Happy
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 19:49

Oui enfin si, dans le sens de 'terminer l'agonie', mais pas de 'finir'.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mar 16 Oct 2007 - 20:20

Cyrano a écrit:
Oui enfin si, dans le sens de 'terminer l'agonie', mais pas de 'finir'.

en lisant ta 1ère réponse je me disais : le Cyrano doit bien l'utiliser dans le sens de tuer Smile

La question n'est pas là !
[Je précise toutefois les emplois pour devancer une éventuelle question :
chabâ = finir une tâche. comme dans "aujourd'hui nous avons fini les moissons."
fini = entre autres arrêter. comme dans "t'as pas fini de ronfler !"]

Peu importe l'usage perso. On s'en fout que mes dialectes me soient suffisants (attention je suis très intéressé par ceux des autres).

Ce que je voulais dire c'est quelle politique d'enseignement du frp adopter ? (à l'usage des générations futures non patoisantes de naissance et de façon non dialectale)
Bien sûr que le locuteur aura le choix pour les mots et qu'avec la pratique il verra que de nombreuses possibilités existent.
Mais dans un premier temps s'il te demande "comment dit-on finir ? ou traire ?". Que lui répondre sans tomber dans le "tu peux dire x mais il y a aussi y, z, ..." ?
En caricaturant à l'extrême si Rantanplan pète mieux que chien, doit-on apprendre au néopatoisant que c'est le mot arpitan désignant le meilleur ami de l'homme.
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mer 17 Oct 2007 - 0:53

inviteforezien a écrit:
Justement je suis contre l'imposition d'une langue académique, où certaines formes seraient jugées plus correctes que d'autres car plus anciennes / moins françaises.
justement, il ne faut pas prendre en exemple l'académie française qui est tout sauf cool.

je pense que l'arpitanie a besoin d'une sorte d'académie, mais il faut qu'elle soit linguistique. Or, la linguistique n'est pas prescriptive (comme veut tant l'être l'académie française) mais descriptive, dans le sens qu'elle ne fait qu'attester ce qui se dit par les locuteurs.
Ainsi, je pourrais prendre pour exemple l'Akademio de Esperanto, dont le but est de relever les mots qui apparaissent et de répondre aux problèmes linguistiques. Certes l'espéranto n'est pas une langue dialectisée, mais l'Akademio est là pour attester la réalité effective de la langue, comme je pense que ce devrait être le cas en arpitan.

une académie arpitane pourrait être là dans le but de relever et de consigner toutes les manières de dire afin de pouvoir, comme le fait si bien l'Akademio, répondre aux questionnements des locuteurs en leur fournissant des preuves existantes de l'attestation de certains mots, les manières de les utiliser, les cas (mais pour l'arpitan aussi les lieux) où celui ci est utilisé, et toutes les informations qui sont utiles à celui qui veut parler correctement la langue.

L'académie arpitane, si un jour elle existe, sera, je l'espère, simplement descriptive. Elle ne sera pas là pour dire "il faut pas dire ça, mais plutôt ça". Justement, je pense qu'elle seule pourra être là pour dire toutes les manières locales et générales et différentes de dire, de prononcer, d'utiliser tel ou tel mot.

inviteforezien a écrit:
Mon exposé avait pour but de montrer qu'il n'y a pas de forme panarpitane préférable mais au contraire une multitude de possibilités.
c'est bien là la richesse de notre langue!

Cela dit, moi qui ait un grand père de gerland, l'autre de romanèche, une grand père de rousillon, l'autre de vourles, je suis un petit peu à cheval entre une multitude de dialectes arpitans différents, et donc je pense que plus mon apprentissage de cette langue va avancer, plus je pense "piocher" un peu dans tous les dialectes qui m'entourent en fonction de mes préférences, de mes goûts, de mes envies...

par exemple:
inviteforezien a écrit:
Je ne vais pas dire à quelqu'un de Lyon de choisir mwédr pour traire
parole au lyonnais: moi je vais dire "blochier", parce que ça me fait penser au reblochon... hmmmm miam miam!

Cyrano a écrit:
Pourquoi pas utiliser des vieux mots d'arpitan
qui sonnent bien ?
moi ouais, j'aime bien utiliser des bien bien vieux mots... je trouve ça marrant. En même temps, j'ai pas tellement de "dialecte référenciel" vu que mes grands parents viennent d'un peu patout du middle-west-arpitany...

Cyrano a écrit:
que la langue doit rester telle qu'elle est au
moment où les gens ont décidé que c'était sa fin ? Au nom de quoi on
exige que la langue cesse dévoluer subitement ? Au nom de quoi on exige
de la cantoner dans une langue dialectalisée ? Si ca me plait d'utiliser dans un texte des synonymes de tout le domaine, qui va pouvoir m'en empecher ?
maintenant, c'est sandro-linguiste qui parle: je ne peux que donner raison à mon cher ami Cyrano, en effet, alors que chacun de nous clâme la richesse exceptionnelle de notre langue du fait de ses dialectes, je pense qu'il est très important de préciser que la richesse provient de l'ensemble des dialectes. Se cantonner à un seul et unique dialecte serait une sorte de refus tacite d'accepter la multitude de ces/ses dialectes...

Lorsque je parle allemand, c'est le dialecte de la région de francfort (du hessisch, dialecte du moyen-allemand dont le Francique rhénan de Lorraine est aussi un dialecte) que je parle... avec sa prononciation très typique, ses mots chelous, et tout le reste... mais je ne me refuse jamais à glisser çà et là quelque mot en bas-allemand parce que c'est bien marrant.

à mon avis, faut pas rester "fermé" sur un dialecte...

même moi, je me surprend à dire "prejo arpitan" au lieu de "parlo arpitan" alors que parler est utilisé à l'ouest d'où proviennent tous les grands-parents...


pas de frontières entre les dialectes!


et quite à me répéter encore et encore, c'est clair qu'il vaut mieux utiliser une forme qu'on juge jolie plutôt qu'une forme qu'on juge locale...
c'est peut être aussi ce qui me force à prononcer le "ch" comme dz assez souvent... merde! je deviens savoyard... au secours!
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mer 17 Oct 2007 - 11:52

Pour moi 'ch' c'est 'sh' Very Happy Quel patois savoyard tu preges ?

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mer 17 Oct 2007 - 12:00

Cyrano a écrit:
Pour moi 'ch' c'est 'sh' Very Happy Quel patois savoyard tu preges ?
bah euh... alors du valdotain ou du valaisan (à ce sujet, je crois bien qu'il s'agit du même dialecte, ou alors de deux dialectes vraiment très très très proches... mais j'ai pas encore fait de conclusion)

ouf! je deviens pas savoyard!
j'ai eu peur...


remarque, rien ne m'interdit de dire "sh" aussi...
hein!
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mer 17 Oct 2007 - 12:24

Et ca te servirai pour l'anglais.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Mer 17 Oct 2007 - 19:47

bonjour a tous
une idée , une base de données, comme tous les scan que m'envoie invité forézien sur le parlé de la loire (il doit bien existé de pareil ouvrage sur d'autres département) serait une mine d'info pour tous néophites voulant redécouvrir son patois
une idée comme ça...
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Jeu 18 Oct 2007 - 1:53

en effet, ça serait un super truc de consigner tous les trucs dans une sorte de bibliothèque virtuelle où on peut télécharger des PDF, des films, des sons etc... triés par thème, par lieu, par année, etc...

si y'a qqn à la retraite qui a du temps à s'y consacrer, ça serait génialissime!
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Jeu 18 Oct 2007 - 9:43

Ben c'est prévu, on attend juste que notre webmaster finisse la refonte du site, et après on fera ça au fur et à mesure.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Jeu 18 Oct 2007 - 19:03

et bien evoie au webmaster la liste des nouvelles rubriques à mettre dont tu lui as parlé au K-Barré l'autre jour...
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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Ven 19 Oct 2007 - 16:25

Une rubrique médiathèque, sous divisée en bibliothèque, sonothèque et discothèque.

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MessageSujet: Re: Sonnet Dauphinois: Le forestyirre - Djien lo boé   Aujourd'hui à 11:26

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