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 Après Tintin à Cervens, les Savoyârds... [Le Faucigny]

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MessageSujet: Après Tintin à Cervens, les Savoyârds... [Le Faucigny]   Mar 3 Avr 2007 - 0:58

Le Faucigny, hebdmadaire, Bonneville (pays de Savoie), jeudi 29 mars 2007.



Présentation dans le village des collines du Léman de L'afére Pecârd -qui s'y déroule pour partie-, la traduction d'un album d'Hergé en langues savoisienne, valdôtaine, vaudoise et lyonnaise.

Après Tintin à Cervens, les Savoyârds veulent commettre une Lagaffe

Marc Bron, qui préside l'Institut de la langue savoyarde à Habère-Lullin, envisage d'adapter Gaston, le personnage imaginé par Franquin.



Catalan, basque, breton, occitan, frison, bernois, féroïen, asturien, alsacien, bruxellois, corse, gaumais (variété de lorrain), gallo, picard tournaisien, provençal, tahitien, bressan, twents (sorte de néerlandais), ch'timi, wallon de liège, d'Ottignies et de Nivelles. L'adaptation tout à la fois dans les parlers savoisien, valdôtain, vaudois et lyonnais de L'affaire Tournesol, la 18e des vingt-quatre aventures de Tintin, prolonge la galerie des "traductions régionales", ainsi que les expose Casterman. "On regroupe sous ce titre, exsplique l'éditeur d'Hergé, le dessinateur de l'intrépide reporter belge, les traductions dans des parlers qui ne sont pas des langues officielles de l'ensemble d'un pays mais qui restent pratiquées dans une région par les anciens, les amoureux des traditions locales ou les défenseurs d'une identité régionale mise à mal par les centralismes modernes".
Jean-Claude Reynaud, maire communiste de Cervens, dans le canton de Thonon-les-Bains Ouest, ne réprouve pas, "très sensible à ce qui touche la culture, quelle soit nationale ou plus locale". L'afére Pecârd —la "Tournesol" notamment savoyennisée [cf. Le Faucigny des 2 décembre 2004 et 22 mars 2007]— a donc été présentée samedi après-midi 24 mars, à la bibliothèque municipale de ce village de la Communauté de communes des collines du Léman. L'histoire s'y déroule pour partie. Tintin et son compagnon, le capitaine de la marine marchande Archibald Haddock traversent à pied le chef-lieu cervanais, recherchant leur ami inventeur le Pr Tryphon Tournesol, que des barbouzes de la Bordurie, une dictature imaginaire de l'Europe de l'Est, ont kidnappé pour lui arracher le secret d'un émetteur d'ultrasons parabolique susceptible d'être employé comme une arme de destruction massive. Chemin faisant, page 33, le journaliste et l'officier hauturier dépassent une borne blanche et rouge peinte de noir "D 25 Cervens 5,2 km". La balise a rendu la localité célèbre "dans le monde entier", sait gré à Hergé le maire Reynaud. Pour le nouvel an 2000, la municipalité avait imaginé confectionner une carte de voeux reproduisant la vignette. Les ayants droit de l'auteur, décédé début mars 1983 et dont 2007 marque le centenaire de la naissance à Etterbek, dans la banlieue de Bruxelles, ont refusé. "Commerce, commerce...", soupire le 1er Cervanais.

Alban Lavy, lui, un tintinophile de Sciez, bourgade côtière du lac Léman proche de Cervens, n'a rencontré aucune difficulté à convaincre Casterman. Lavy, un zeste Tintin dans le physique, préside à Fribourg (Suisse romande) l'Aliance culturèla arpitana ou Arpitania, une association transfrontalière franco-italo-helvète "à l'initiative" de L'afére Pecârd", tirée à 3000 exemplaires. Le vocable arpitan, depuis les années 1970, désigne les idiomes cousins parlés dans un périmètre compris de Neuchâtel (Nôchâthél) à Grenoble (Grenoblo) et de Roanne (Rouana) à Aoste (Aoûta). Le linguiste et traducteur principal de L'affaire Tournesol Dominique Stich, un sorbonnard Zurichois de naissance, Bruxellois d'enfance et d'adolescence, maintenant parisien, ne dédaigne nullement le terme patois (patouès) dès lors qu'il ne se trouve pas utilisé pour rabaisser telle ou telle population. "tous les êtres humains parlent une langue", pose Stich, fussent-t-ils Arumbayas, la tribu amazonienne avec laquelle Tintin sympathise dans L'oreille cassée, son 6e périple. Le spécialiste, pour faire causer savoyârd le petit reporter, s'est adjoint les lumières de deux patoisants chevronnés, le professeur des écoles de classe primaire Alain Favre ("Alen Favro", se plaît-il à s'orthographier), de Douvaine, et Eric Verney, qui enseigne des élèves ingénieurs à Saint-Etienne, respectivement secrétaire et trésorier d'Arpitania. Favre/Favro et Varney/Varnay n'ont pas eu à se coltiner les gros mots d'Haddock car "Tintin ne jure jamais", "reste quelqu'un de très courtois". La traduction des malpolitesses que profère à longueur d'album le marin d'eau salée a incombé à Cllôdo Longre et Antouèno Françon, du Rhône. "Le capitaine, qui a une grande gueule, parle le lyonnais", se marre sous cape Lavy, président d'Arpitania, l'association ayant choisi de rhodaniser Archibald, le hobereau brabant wallon du château de Moulinsart. Page 19, le "sous-produit d'ectoplasme" de L'affaire Tournesol se lit "crache de bosa de cârna" dans sa version "Pecârd". Le savant Tryphon, par fidélité à son modèle, le scientifique romand Auguste Piccard, qui a fini sa vie près de Lausanne, jacte en vaudois et le chauffard milanais qui voiture Tintin et Haddock dans Bons-en-Chablais s'exprime en valdôtain.

Dans sa première pérégrination, "au pays des Soviets" (1929), Hergé/Tintin se manifestait outrageusement antibolchevique. "Il a dénoncé des choses qu'on a dénoncées après sous d'autres formes", sourit Jean-Claude Reynaud, maire communiste de Cervens. Quoi!, l'album aurait-il présagé 1976 et l'abandon, par le PCF , de la référence au modèle soviétique? L'auteur de bande dessinée et son personnage, taxés de colonialisme, racisme, xénophobie, antisémitisme, voire pronazisme. "La réflexion sur l'idéologie est peut-être venue après", atténue le 1er Cervanais, sous-entendu à une lecture tatillonne, sinon suspicieuse des "Aventures". Lui, professeur retraité d'histoire-géographie, préfère regarder les qualités de l'oeuvre, de vocabulaire, de grammaire et "graphique". Marc Bron, qui préside l'Institut de la langue savoyarde à Habère-Lullin, se "félicite" de L'afére Pecârd. Bron, qui enseigne les mathématiques et le savoyârd —optionnel— au collège Jean-Marie-Molliet de Boëge, a déjà traduit le numéro 1 de Fanfoué des Pnottas (Le Reblochon qui tue!), un vieux paysan savoisien qu'a imaginé son copain de lycée Félix Meynet, de Bellevaux (canton de Thonon-les-Bains Est). Pour le début de l'été prochain, il concocte une adaptation de Gaston Lagaffe, l'escogriffe qu'avait enfanté fin février 1957 André Franquin, un bédéiste né comme Hergé à Etterbeek, dans la périférie bruxelloise. "On aurait pu faire plus encore", semble regretter l'instituteur public douvainois Alain Favre/Alen Favro, l'un des accomodeurs de L'affaire Tournesol. Pour exemple, Casterman a consenti, page 13, sur la camionnette de livraison, à redessiner la Boucherie Sanzot Moulinsart en Boucherie Montendon Molinsârd mais s'est cabrée quand il s'est agi de réimmatriculer AO (Aoste) la Lancia MI (Milano) du fou de l'accélérateur qui a embarqué Tintin et Haddock à Cervens et sème la panique à côté, dans Bons-en-Chablais.

Patrick-Alain Bertoni
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