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 Cot cot ?

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MessageSujet: Cot cot ?   Lun 13 Mar 2006 - 23:37

Un rapport de GRAIN établit que l’industrie avicole mondiale est à l’origine de la crise de la grippe aviaire
Communiqué de presse du 02 mars 2006
Publié le 9 mars 2006

Extrait :

Citation :
"Il apparaît de plus en plus évident, comme on l’a vu aux Pays-Bas en 2003, au Japon en 2004, en Egypte en 2006, que la grippe aviaire mortelle se déclare dans les grosses fermes industrielles et qu’ensuite elle se propage", explique Kuyek.

Le cas de contamination nigérienne qui s’est déclaré au début de l’année a commencé par une seule ferme industrielle, appartenant à un membre du Conseil des Ministres, éloignée des axes principaux de déplacements des oiseaux migrateurs mais elle était connue pour importer des oeufs à couver hors réglementation. En Inde, les autorités locales indiquent que le virus H5N1 est apparu et s’est répandu à partir d’une ferme industrielle appartenant à la plus grande compagnie avicole du pays, les couvoirs Venkateshwara.

La question cruciale est de savoir pourquoi les gouvernements et les agences internationales, comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ne font rien pour enquêter sur la manière dont les fermes industrielles et leurs sous-produits, tels que l’alimentation animale et le fumier, propagent le virus. Au lieu de cela, ils se servent de la crise comme une occasion d’industrialiser davantage le secteur avicole. Les initiatives se multiplient pour interdire la volaille en plein air, pour évincer les petits producteurs et pour réapprovisionner les fermes avec des poulets génétiquement modifiés. Le réseau de complicités avec une industrie prise dans une série de dénis et de dissimulations semble total.

"Les agriculteurs perdent leurs moyens d’existence, les poulets locaux sont éliminés et quelques experts déclarent que nous sommes à l’aube d’une épidémie humaine qui pourrait tuer des millions de personnes," conclut Kuyek. "Quand les gouvernements réaliseront-ils que pour protéger la volaille et les personnes contre la grippe aviaire, ils doivent les protéger contre l’industrie avicole mondiale ?"

GRAIN
Contact : Devlin Kuyek, GRAIN, à Montréal,
Tél : +1 514 2737314,
Email : devlin (at) grain.org
Web : http://www.grain.org
Soucre -> http://lenumerozero.lautre.net/article.php3?id_article=837
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MessageSujet: Re: Cot cot ?   Mar 14 Mar 2006 - 0:10

Groupe de travail "Médias et grippe aviaire"
Influenza, grippe, peste... La sémantique aviaire dans les médias.
Jean-Claude Le Berre, Journaliste
Mise à jour : 7 mars 2006

Citation :

Malgré son statut sanitaire de maladie animale, l’épizootie d’influenza aviaire qui semble se généraliser à de nombreux pays à partir du son foyer d’origine dans l’Asie du Sud-Est, se trouve de plus en plus assimilée à une maladie humaine, la grippe. L’étude de l’emploi des mots, influenza, grippe et peste dans les articles de presse écrite, grand public et spécialisée, montre comment la sémantique joue un rôle dans le statut social de ce qui n’est encore qu’une maladie animale et dans la représentation qu’en font les opinions publiques.

(...)

Auparavant [1863] on parlait d’influenza. Un mot italien provenant d’une locution plus complète : « influenza di freddo », l’influence du froid, pour désigner une maladie survenant plus particulièrement par temps froid. Le mot grippe quant à lui dérive du francisque. Un mot qui signifie « griffe, croc, accrochage ».

Si le virus de l’influenza aviaire est bien connu chez les animaux depuis de nombreux siècles, il n’a été isolé chez l’homme pour la première fois qu’en 1933. L’organisation mondiale de la santé animale (ex OIE)

, a recensé 21 épisodes d’influenza aviaire depuis 1959.

Lorsqu’elle infecte les volailles, cette épizootie est aussi appelée « grippe du poulet ». Pourtant les symptômes ne se présentent pas comme un syndrome grippal mais sont d’ordre septicémiques (œdèmes, congestions, hémorragies, diarrhées) avec une mortalité élevée et brutale. D’emblée, il apparaît que le terme grippe du poulet, au lieu du terme vétérinaire classique influenza, est donc un contre sens. Qui s’avère aujourd’hui lourd de conséquences.

Pour qualifier les deux grandes épizooties similaires qui peuvent toucher les volailles, l’influenza et la maladie de Newcastle, [url]les vétérinaires et les pouvoirs publics emploient le terme plus générique de peste aviaire, comme en témoigne une brochure du ministère de l’Agriculture[/url] (Direction générale de l’alimentation), disponible lors du dernier salon des productions animales (Space) en septembre dernier à Rennes.

(...) C’est la presse spécialisée qui emploie le plus souvent le mot peste aviaire, dans son acception vétérinaire. Toutefois avec des nuances, selon le statut de la publication. Ce sont les mensuels techniques avicoles, très spécialisées qui emploient ce mot (Filières avicoles, Réussir aviculture). L’hebdomadaire spécialisé, La France Agricole, l’utilise également.

On retrouve toutefois quelques occurrences de ce mot dans des éditions du Monde de septembre. Ainsi, ces deux titres, à une semaine d’intervalle : « la nouvelle épizootie de peste aviaire vient bouleverser la stratégie de lutte contre l’épidémie hivernale du virus de la grippe » [4] et « Nouvelle alerte au virus de peste aviaire » [5]. Mais ensuite, Le Monde se range à la tendance générale, le mot grippe prend le pas sur celui de peste.

Les médias, sous réserve d’inventaire, en sont toujours restés (ou en sont venus) à employer le mot grippe pour nommer l’épizootie d’influenza aviaire, par souci de vulgarisation. Jamais, le mot peste ne s’est généralisé, à quelques exceptions près. Sans doute parce que la charge émotionnelle que véhicule ce mot est beaucoup trop forte par rapport à la situation présente.
(...)
Dans le cas présent, on ne peut que s’en féliciter car le mot peste qui vient du latin « plaga » (coup, blessure) a « longtemps été employé métaphoriquement pour désigner le plus haut degré de calamité, de malédictions, de fléau collectif » [7] Dans l’imaginaire des Français, le roman d’Albert Camus, La Peste, illustre bien cette catégorisation.

Pour expliquer les liens entre la pensée humaine et les médias, des psychosociologues proposent de comprendre la réponse au risque comme représentation et non comme perception « Les journalistes et l’homme de la rue construisent des représentations des événements à travers l’ancrage », souligne Hélène Joffe [8]., Enseignante à Londres, elle prend l’exemple de la grippe aviaire pour illustrer son propos. Quand cette dernière « a pénétré les médias britanniques, elle a été rapportée, donc ancrée à l’épidémie de grippe espagnole de 1918 ».

(...)

Pour Hélène Joffe, cette référence historique a une double conséquence. « Les médias n’ont pas seulement prêté un concept à l’homme de la rue avec lequel comprendre la nouvelle maladie, ils ont cherché à donner l’alerte sur la potentialité destructive de la grippe aviaire [11]. La description dans les médias du risque de propagation de l’influenza aviaire et de sa forme humaine conduit à l’emploi d’une rhétorique guerrière ou de Série Noire.

Ainsi pour Le Point, « C’est une stratégie de guerre qui se met en place. La France se prépare à cette bataille contre la pandémie ». Et de brosser, « un portrait d’un tueur en série, le H5N1 » [12]. Dans la même veine, Les Échos font aussi le « Portrait d’un tueur » [13]. Quant à Libération, il titre sur un « Exterminateur de volailles » [14]. L’édition française du National Géographique consacre un dossier à la « Grippe tueuse » [15]. Le magazine masculin Men’s Health donne dans le préventif : « Grippe aviaire : que risquez-vous ? Comment elle tue ? » [16]. Pour sa part, Science (...)

La recrudescence des foyers d’infections et le décès de deux enfants en Turquie début janvier ravivent le rédactionnel. « Grippe aviaire : faut-il avoir peur ? » questionne L’Humanité du jeudi 12 janvier, en une, photo à l’appui. Pour Paris-Match, « la grippe aviaire tue à la porte de l’Europe ». Le magazine a rencontré la famille turque endeuillée et y consacre six pages [19].

On voit là, toute l’incidence de la dénomination de cette maladie animale associée de facto par sa dénomination, à une maladie humaine hautement pathogène, voire mortelle dans certains cas bien précis. Un phénomène qui a pris une ampleur d’autant plus forte que sa médiatisation s’est mise en place en fin d’automne, au moment où s’annonce la grippe humaine ordinaire qui est à l’origine de quelque 3 000 décès annuels, rien qu’en France. Cette année elle est de forme H3N2.

Ainsi, une dépêche d’Associated Press, datée du 30 août titre : « Le gouvernement renforce les moyens de protection contre la grippe aviaire » et une autre datée du lendemain indique : « Le vaccin contre la grippe disponible le 22 septembre. » Et pour ajouter à la confusion, le ministre de la Santé, avait déclaré quelques jours auparavant : « Il sera recommandé à tous les professionnels de la filière avicole au contact des animaux de se vacciner contre la grippe habituelle » [20]. Un appel resté sans suite car sans effet médical.

L’emploi du même mot, la grippe pour qualifier deux formes de maladies, l’une essentiellement animale et l’autre humaine et pourtant distinctes par la forme des virus qui les véhiculent, entraîne la confusion et généralise l’inquiétude des populations.


L’iconographie accompagnant ces articles accentue encore la notion de risque. Les volailles sont manipulées par des personnes en combinaison spéciale, gantées et équipées de lunettes de protection. Le summum ayant été atteint à l’occasion de l’exercice de simulation dans un élevage de Bretagne. (...)

Même certaines publications agricoles utilisent systématiquement le mot grippe. Ici encore, la proximité avec les éleveurs détermine le vocabulaire. Ce sont les journaux hebdomadaires ou quinzomadaires (Le Paysan Breton, Agriculture 44) qui ont recours pour la majorité d’entre eux au terme influenza. Exception notable, La Volonté Paysanne du Gers, qui titre en manchette sur toute sa largeur, « grippe aviaire ». Les publications nationales agricoles utilisent le mot grippe, même l’agence spécialisée Agra Presse ne parle que de grippe et quasiment jamais d’influenza. Parce que ses papiers sont repris systématiquement par Ouest-France ? Signe aussi d’une acculturation de certains médias spécialisés qui se conforment au mot dominant employé par leurs confrères généralistes.

Au final, le constat s’impose : la bataille sémantique est perdue. Mais les médias ne sont pas les seuls responsables de cette défaite. Les pouvoirs publics ont leur part de responsabilité dans cette utilisation du mot grippe, malgré les efforts du ministre de l’Agriculture pour tenter d’en rester à celui d’influenza. On mesure par ce fait, son influence limitée.

source -> http://www.observatoire-medias.info/article.php3?id_article=600
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MessageSujet: Re: Cot cot ?   Mar 14 Mar 2006 - 0:25

Groupe de travail "Médias et grippe aviaire"
Le traitement de la grippe aviaire dans la presse nationale
Gaëlle Bohé - Journaliste et doctorante
Mise à jour : 9 mars 2006


Citation :
Depuis la découverte du virus H5N1 à Hong Kong en décembre 1997, la grippe aviaire a fait l’objet de plus de mille articles dans les trois principaux quotidiens nationaux d’information : Le Monde (266), Libération (381) et Le Figaro (462). Une production dopée par le travail des agences de presse : dans le même temps, l’AFP a publié plus de 1700 dépêches. Regards sur cet événement médiatique.

D’abord appelée « grippe du poulet », la grippe aviaire s’est imposée comme « acteur médiatique » lors des premières suspicions d’humanisation du virus début 2004, pour devenir un sujet incontournable à l’automne 2005. Les trois grands quotidiens nationaux ont publié au total plus de 600 articles sur le sujet dans le deuxième semestre 2005, dont 223 dans le seul mois d’octobre. C’est bien plus que le SRAS, qui avait en tout donné lieu à 328 articles - mais beaucoup moins que la vache folle, qui comptabilise aujourd’hui près de 5000 articles.

La presse magazine s’est aussi largement emparée du sujet. La grippe aviaire a fait l’objet de 42 articles dans Le Point, 40 dans l’Express, 27 dans le Courrier International. Si la presse scientifique a fait une large place à ce dossier, les magazines féminins, les journaux de divertissement et la presse à sensation n’ont pas été en reste, allant même jusqu’à faire parfois monter le sujet en couverture. Il semble que ce soit un sujet vendeur : Marianne annonce la grippe aviaire sur sa une du n°437 (3 au 9 septembre 2005), mais ne s’attarde pas sur le sujet dans les pages intérieures.




Un sujet transversal

Dans la presse quotidienne nationale (PQN), les articles qui traitent de la grippe aviaire ne se confinent pas à une rubrique particulière. Ils apparaissent au contraire dans l’ensemble des pages des quotidiens : actualité internationale, politique intérieure, société, sciences, économie, environnement, etc. Cette multiplicité des approches confère au sujet un statut d’événement : il sort du cadre spécialisé pour devenir un fait commun, transversal. Il est ainsi à la vue de l’ensemble des lecteurs, quelles que soient leurs disciplines de préférence. Son potentiel de réception au sein du journal est maximum. La très forte actualité sur la grippe aviaire de l’automne 2005 est allée jusqu’à entraîner une multiplication des articles sur le sujet au sein de mêmes numéros. Pour exemples :

Libération du jeudi 20 octobre 2005 : « Grippe aviaire : des précautions sans la panique » de Julie Lestrade en rubrique Terre (p. 11), « Grippe aviaire, le parti pris d’alarmer » d’Eric Favereau en Rebond (p. 36), « Epidémie mondiale de Tamiflu » et « Les limites du traitement » par Florent Latrive en Grand Angle (p. 38-39). Le Figaro du vendredi 11 novembre 2005 : « La grippe aviaire s’étend au nord-est de la Chine » de Jean-Jacques Mevel en rubrique Sciences Médecine (p. 11), « La réforme en peau de chagrin des Etats-Unis » d’Alain Barluet (sujet connexe) en Débats Opinions (p. 15) et « grippe aviaire : Sanofi prépare ses vaccins » en Economie Entreprises (p. 21) Le Monde du 14 octobre 2005 : « La Roumanie est à son tour atteinte par une épizootie due à un virus de la grippe aviaire » de Jean-Yves Nau et Philippe Ricard (à Bruxelles) en International (p. 6), « L’antigrippal de Roche est victime de son succès » par Yves Mamou (p. 18) et « En chair et en os » d’Eric Fottorino en Dernière heure (p. 31).

Ces articles peuvent se compléter ou se répondre, parfois même se contredire en fonction des experts ou des sources institutionnelles interrogées. Par exemple, dans Libération du 26 août 2005, l’article « Bruxelles n’assigne pas ses volailles à résidence » de Julie Majerczak nous apprend que « selon le comité vétérinaire de l’UE, ‘le risque immédiat d’introduction de la grippe aviaire via les oiseaux migrateurs reste éloigné ou faible’ ». Pourtant, l’encadré « A savoir » affirme « Partie du Sud-Est asiatique au début de l’année 2003, l’épidémie de grippe aviaire atteint maintenant la Russie, menaçant l’Europe à l’approche de la période de migration des oiseaux sauvages » (c’est nous qui soulignons), avant de rendre compte du contresens politique : « les experts réunis à Bruxelles, tout en minimisant la possibilité d’une contamination par les oiseaux migrateurs, ont appelé à une vigilance renforcée ». Nous avons ici deux communications opposées qui s’affrontent : les experts non institutionnels livrent un discours alarmiste et cherchent à faire réagir les pouvoirs politiques. À l’inverse, les responsables politiques se veulent apaisants, afin d’éviter une panique sociale. Les médias, tiraillés entre ces deux sources contradictoires, doivent composer avec un troisième acteur : le public. Par effet miroir, ils se font le relais des inquiétudes des citoyens. « Qui croire ? » se demande Pierre Le Hir à la place du lecteur dans Le Monde daté du 14 septembre 2005, après l’exposé de communications contradictoires. « Faut-il s’inquiéter ? » titre Libération le 26 août 2005.




Scénario catastrophe

Chacun des quotidiens a consacré plusieurs « unes » à la grippe aviaire :

24 apparitions à la une pour Le Figaro, dont plusieurs appels de une avec photo : « grippe aviaire : premiers morts aux portes de l’Europe » le 6 janvier 2006, « Les laboratoires Roche prêts à renoncer au monopole du Tamiflu » le 19 octobre 2005, « Mobilisation mondiale contre la grippe aviaire » le 16 septembre 2005. 13 apparitions à la une pour Le Monde, dont plusieurs appels de une illustrés : « grippe aviaire : la crise s’aggrave en Turquie » le 11 janvier 2006, « Chine : guerre contre la grippe aviaire » le 17 novembre 2005, « grippe aviaire : la France complète son dispositif » le 18 octobre 2005, « grippe aviaire : un risque contrôlé par les responsables » le 15 octobre 2005 et « grippe aviaire : l’épidémie devient extrêmement dangereuse » le 3 février 2004. 3 unes pour Libération : « Grippe aviaire. La France sur ses ergots » le 14 octobre 2005, « grippe aviaire. Faut-il s’inquiéter ? » le 26 août 2005, « Oiseaux de malheur » le 18 janvier 2004.

Le vocabulaire employé pour les titres utilise le registre dramatique du danger, du morbide et de la guerre. « Cinq pays d’Asie touchés » (Figaro, 7 novembre 2005), « Oiseaux de malheur » pour Libération, clin d’œil à l’univers effrayant d’Hitchcock, « L’épidémie devient dangereuse », « guerre contre la grippe aviaire », « La crise s’aggrave en Turquie » pour Le Monde, « Premiers morts aux portes de l’Europe » pour Le Figaro...

Néanmoins, cette tendance se remarque davantage dans la presse magazine que dans la PQN. « Grippe aviaire : les vrais risques » dans Elle, « Grippe aviaire : Le scénario noir » dans Le Courrier International : les articles, rédigés selon les critères de la presse magazine, ne répondent pas forcément à leurs promesses. Ils privilégient le récit à un souci d’objectivité au point que certains, comme celui du Courrier International, sont rédigés sous forme de fiction.




Informer sur une éventualité

Ceci nous conduit à nous poser une question centrale à propos du traitement de la grippe aviaire dans les médias : comment traiter une information quand celle-ci n’est pas un fait mais une éventualité ?

L’analyse du risque est au cœur de la communication sur la grippe aviaire. L’étude des antécédents et de l’avancée de l’épidémie permet jour après jour de préciser et d’anticiper le danger potentiel.

Pour informer sur le risque, les médias ont le choix entre prévision et prospective. La prévision relève du pronostique : c’est une suite logique donnée à une situation présente. En revanche, la prospective dessine un scénario pour l’avenir à partir de l’évaluation d’une situation existante. Entre ces deux outils méthodologiques, la frontière est étroite. Pour la presse, la tentation est grande de pencher du côté de la prospective, plus littéraire et par conséquent plus adaptée au média écrit.

La presse magazine, encline à la spectacularisation et à la dramatisation de l’information, préfère adopter une logique du récit et de la fiction dans son traitement de l’actualité. L’éventualité d’une catastrophe représente un canevas idéal pour la création d’une scientific-fiction passionnante et passionnée.

En revanche la PQN, avec ses articles plus courts, préfère le pragmatisme de la prévision : interviews de scientifiques, avancée géographique et chronologique de l’épidémie. Néanmoins, cette scission n’est pas imperméable compte tenu de la tendance au glissement de la PQN vers la presse magazine.

Prospective ou prévision, les deux méthodes peuvent être intéressantes en terme d’information si elles sont clairement définies. Le problème survient lorsqu’elles se mélangent, au risque de semer le trouble entre la réalité d’une information et ses conjectures. Nous ne parlons alors plus de traitement subjectif de l’information, avec des faits relatés par le prisme d’un journaliste particulier ou passé au crible d’une rédaction, mais de traitement d’une information suggérée, avec des faits présumés et mis en scène.




La propagation de la crise


Cette situation risque fort de perdurer. En effet, si notre étude prend fin en décembre 2005, nous pouvons constater que la médiatisation de la grippe aviaire est loin de se tarir au début de l’année 2006. La propagation régulière du virus, les nombreuses questions économiques, écologies, commerciales, sanitaires, politiques qu’elle soulève et l’absence de réponse satisfaisante, entretiennent un climat de crise. Nous entendons par crise la phase critique atteinte à la suite d’une perturbation, et qui prend fin lorsque la situation devient stable à nouveau. Une crise se caractérise par une ou plusieurs ruptures décisives avec l’état chronique : elle rend caduques les référents traditionnels, et laisse un vide qu’il convient de combler à nouveau. C’est ainsi que la crise libère la parole et le débat : la recherche de nouveaux référents est urgente, compte tenu du sentiment d’insécurité provoqué par ce vide. Le débat intervient pour peser les différentes solutions et faire le choix de nouveaux référents. La grippe aviaire entraîne une crise longue et violente : les scientifiques n’ont pas de solution satisfaisante pour sécuriser la population et les dirigeants.




Les médias au rythme de la science


Les journaux ont aujourd’hui les moyens techniques de suivre l’actualité en temps réel. Renseignés par les mêmes agences de presse et soumis à la concurrence entre les titres, ils s’imposent d’être au plus près de l’événement. Cette course, présentée comme une garantie de la qualité de l’information, entraîne parfois une certaine confusion. Ainsi, « l’affaire de la Réunion » est annoncée le 26 octobre à 11h48 par une dépêche de l’AFP : « Réunion : soupçon de grippe aviaire sur personne revenant d’Asie ». L’information est reprise dès le lendemain dans Le Figaro et Libération, et le 28 octobre dans Le Monde. Le soupçon sera écarté dans une nouvelle dépêche de l’AFP le 29 octobre 2005, reprise par les trois quotidiens dès le lendemain. Dans la même semaine, les journaux s’interrogent - toujours aidés par l’AFP, sur le danger de manger des œufs crus. Là encore, le risque sera par la suite écarté. Ainsi chaque dépêche des agences de presse, chaque déclaration publique, chaque nouveau décès, provoque une profusion d’articles, dont certains porteurs de suspicions ou d’informations qui se révèlent infondées.

Ces situations mettent en lumière une incohérence. Par essence, les médias d’information s’attachent aux faits, courent après l’objectivité, cherchent à approcher la vérité. Ils fonctionnent sur un rythme soutenu : celui de l’actualité. À l’inverse, la recherche est le domaine du doute, de la complexité et du temps long. Dans les sciences de la vie et de la terre, particulièrement sollicitées dans le cas de la grippe aviaire, l’objet de recherche est en constante mutation. Le risque zéro n’existe pas : nous sommes dans le domaine de l’exception.

Face à la crise sanitaire de la grippe aviaire, les médias suivent pas à pas les recherches et les applications de la science. Ainsi dans l’affaire de la Réunion : les journaux ont rendu compte des suspicions de contamination émises par les médecins, puis de la réalisation des tests, enfin de résultats donnés par les experts. De même, le Tamiflu a été tour à tour encensé pour ses succès (« Le Tamiflu, efficace et très convoité » de Catherine Petitnicolas dans Le Figaro le 26 août 2005), et critiqué pour ses failles (« une source H5N1 résistante au Tamiflu » par Martine Perez, dans le Figaro du 17 octobre 2005). Le doute s’installe alors dans les pages de magazines, les articles se suivent et se contredisent, la mission d’ « éclairage » des médias donne lieu à de multiples confusions.

Ainsi, malgré la profusion d’articles, un sondage de l’IFOP réalisé les 7 et 8 octobre 2005 après de 1015 personnes de 15 ans ou plus révèle que « Près de deux Français sur trois s’estiment mal informés sur la grippe aviaire, qu’il s’agisse de la situation actuelle de l’épidémie en Asie (66% se sentent mal informés), des risques de mutation du virus et de contagion d’humain à humain (65%) ou des mesures prises par les autorités de santé internationales et nationales pour empêcher ou limiter tout risque d’épidémie entre humaine (64%). La grippe aviaire, qui fait pourtant de plus en plus l’objet d’un traitement médiatique important, reste pour une très grande majorité de Français une maladie peu connue aussi bien dans ses caractéristiques actuelles que dans ses risques d’extension potentiels ou les mesures qui ont été prises pour la juguler. »

Les médias sont atteints du syndrome d’Icare : à vouloir approcher l’actualité de trop près, ils voient leur raison d’être s’abîmer : informer, donner à comprendre.

source -> http://www.observatoire-medias.info/article.php3?id_article=601
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MessageSujet: Re: Cot cot ?   Mar 14 Mar 2006 - 3:16

Ben dis donc, ya à lire. Donc, il faut lire avant de commenter Rolling Eyes

C'est un super sujet Rolling Eyes

Dommage qu'il n'y ait pas d'article en arpitan sur ce sujet Sad
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MessageSujet: Re: Cot cot ?   Mar 14 Mar 2006 - 11:51

Chablaisien a écrit:
Ben dis donc, ya à lire. Donc, il faut lire avant de commenter Rolling Eyes

C'est un super sujet Rolling Eyes

Dommage qu'il n'y ait pas d'article en arpitan sur ce sujet Sad
Peut-être pourrais-tu nous faire une petite trad' ? Smile
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MessageSujet: Re: Cot cot ?   Aujourd'hui à 0:46

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