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 "Nos" esclaves

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Arpitaniste forcenée
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MessageSujet: "Nos" esclaves   Mar 10 Jan 2006 - 22:09

Thonon-les-Bains, 31 Polonais, "esclaves" à construire le Palais de justice, ont occupé le chantier

Publié mercredi 4 janvier 2006



Leur PALAIS d’inJUSTICE !

Le récit (...) se passe tout près de chez nous à Thonon les Bains et en 2006.


Ils sont 31. Il y a quelques semaines ils étaient plus encore, certains ont déjà rejoint leur Pologne natale dont ils s’étaient expatriés de longs mois pour venir gagner en France les euros qui leur permettraient de vivre un noël paisible en famille à leur retour...

(...)

Depuis plusieurs mois, le Ministère de la Justice fait construire à Thonon un nouveau Palais de Justice. Les travaux ont été confiés à une grande entreprise de travaux publics que nous pouvons citer puisque son nom est affiché en grand sur le fronton du chantier, le groupe DUMEZ.

Ce groupe sous-traite certains travaux avec des entreprises locales, dont l’entreprise A..... - que nous ne pourrons pas nommer car deux plaintes ont été déposées ces jours-ci contre elle pour utilisation de faux documents et pour menace de mort. Cette entreprise, nouvellement implantée dans le Chablais, dans la proche périphérie Thononaise, sous-traite elle-même avec une société basée en Allemagne que nous nommerons la société D.... Cette société allemande sert en fait au rabattage de travailleurs Polonais qu’elle appâte par petites annonces sur internet et dans la presse locale. Voici la version des faits, tels qu’ils ont été racontés à la délégation de l’Union Locale CGT du Chablais qui a rencontré ces 31 travailleurs grévistes :

« Nous avons répondu aux annonces de l’entreprise D.... pour venir travailler en France jusqu’à Noël. Le point de départ était fixé dans une ville de Pologne à 200 kilomètres de la frontière allemande. Au rendez-vous, il n’y avait pas de bus, un correspondant nous a dit de nous rendre à la frontière par nos propres moyens, ce que nous avons fait. Au deuxième point de rendez-vous, toujours pas de bus, un autre correspondant nous a invité à traverser la frontière jusqu’à une ville allemande où nous avons effectivement pris des minibus et des véhicules immatriculés en France, venant de Haute Savoie. Ces voitures nous ont amenés à Perrignier dans une maison de 150 m2 environ où nous logeons à 31. Il n’y avait pas de matelas jusqu’à ces derniers jours, nous couchions à même le sol, il y avait 60 litres d’eau chaude pour 31 personnes, et parfois plus (40) avant que nos collègues repartent en Pologne.

Nous travaillions 8 heures par jour du lundi au vendredi et 5 heures le samedi matin. Théoriquement, nous devions être payés 10 euros nets de l’heure, mais nous n’avons pas touché de salaire depuis les deux mois que nous sommes ici. Certains ont seulement reçu 150 ou 300 euros d’acompte.

Nous n’avons plus un sou pour manger. De temps en temps les patrons de l’entreprise A... nous achetaient un peu de nourriture, mais pas assez pour 31. »


Notre interlocuteur nous montre une photo prise avant son départ de Pologne pour prouver son amaigrissement, il a perdu plus de 15 kg en deux mois. Certains sont malades, l’un est blessé à la main, « le patron n’a pas voulu l’emmener à l’hôpital. Plus grave encore : durant ces deux mois, un salarié est tombé d’un toit et était blessé, nécessitant d’aller à l’hôpital. Il a été immédiatement rapatrié en voiture en Pologne !

"Les patrons nous doivent 47 305 euros de salaires, nous sommes déterminés à occuper le chantier jusqu’à ce que cet argent nous soit versé (ils dorment depuis samedi sur le chantier) nous voulons un règlement à l’amiable et rentrer chez nous pour Noël... ».

Ils décident de se mettre en grève et cherchent à alerter l’opinion publique en posant de grandes banderoles « S.O.S 31 polonais en grève » sur les frontons des bâtiments du futur Palais de Justice. Dans la nuit qui suit, des faits extrêmement graves se sont produits : les patrons, armés d’un pistolet et flanqués de nervis les ont agressés vers 23h en voulant les forcer à monter dans deux minibus pour repartir immédiatement en Pologne. Ni vu, ni connu, ils pourraient toujours exiger leurs salaires depuis les bords de la Baltique..... Ils ont refusé et fait alerter la gendarmerie de Bons qui est intervenue, mais après le départ des minibus. Toutefois l’agression a pu être filmée par un téléphone portable, et une plainte a été déposée pour menace de mort, à Perrignier et sur le chantier même.

Tout de suite, l’Union Locale CGT a pris contact avec l’avocat qui a été mandaté par le Consulat de Pologne. Celui-ci est entré en relation avec le groupe DUMEZ qui se reporte sur l’entreprise A..... pour le paiement des salaires, qui elle-même se reporte sur la société allemande. Comble de l’ignominie, cette société allemande les a enregistrés comme artisans et non comme salariés, bon prétexte pour ne pas leur payer de salaires... ! L’Inspection du Travail, déjà présente depuis le début du conflit a été saisie. Des élus locaux ont interpellé le Sous-Préfet pour éviter une expulsion du chantier, ce qui anéantirait toute possibilité de pression sur les patrons de l’entreprise A... pour le règlement des salaires. Aux dernières nouvelles, le Groupe DUMEZ accepterait, d’après l’avocat, de prendre en charge les frais de retour en Pologne, visiblement bien embêté par cette situation qui entache lourdement son image de marque... On peut tout de même se poser sérieusement des questions sur les critères retenus par ce groupe pour sélectionner l’entreprise chablaisienne A..., sinon des prix de main d’œuvre défiant toute concurrence !

Tout de suite également, le collectif de Solidarité du Chablais leur venait en aide d’urgence avec des vivres, des couvertures et l’appui d’un médecin de la Croix Rouge.

(...)

Le comble de cette tragédie, c’est que ces hommes sont venus construire, ici, un Palais où demain sera rendu la Justice. N’attendons pas la fin des travaux pour crier notre injustice et pour tout faire pour leur rendre leur dignité.

Aujourd’hui, ils ont finalement pu être payé et ont pu retourner chez eux en Pologne. Les plaintes déposées suivent leur cours. L’union locale CGT de Thonon continue à suivre cette affaire, par l’intermédiaire d’une interprète sur place, notamment pour permettre à ceux qui sont partis avant les 31 ouvriers polonais, qui se sont mis en grève, de pouvoir eux aussi être régularisés au niveau des salaires. Par ailleurs, ils essaient de connaître les conditions d’autres ouvriers polonais qui travaillent sur de nombreux autres chantiers...
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MessageSujet: Re: "Nos" esclaves   Mer 11 Jan 2006 - 17:21

"La revanche des sales gosses"


10/01/2006
Objet: attaque massive des magasins adeptes du système Nike.


En France un groupe de citoyens responsables à décidé de passer à l'action en combattant ce système. Ces attaques appelées "la revanche des sales gosses" consistent à infliger des coups financiers aux enseignes adeptes du système de la sous-traitance aveugle. A compter du 11 Janvier 2006 des boules puantes seront massivement déversées dans quelques magasins ciblés aux heures de pointe.
Nike, Reebok, GAP ou H&M... et d'autres dans le textile, l'habillement, mais aussi dans le jouet, le tapis, la chaussure et le cuir, fonctionnent tous selon le même modèle : le système Nike.
Ce système consiste à réduire l'entreprise à un siège social organisant la sous-traitance de la fabrication. Nike n'a pas d'usines. D'Indonésie au Pakistan, en passant par l'Inde, Sri Lanka, le Bangladesh et la Thaïlande, les représentants de ces multinationales recherchent l'entreprise, souvent artisanale ou parfois même constituée pour l'occasion, qui offrira le meilleur prix pour la fabrication d'un lot déterminé de marchandises pré-vendues sur le marché des pays riches. A l'autre bout de la chaîne il y a les enfants, mais aussi les femmes esclaves. Comme, par exemple, au Pakistan, où sont fabriqués à la main la plupart des ballons de football de la planète. Des milliers d'enfants travaillent pour presque rien, les ballons étant payé l'équivalent de 3,75 F l'unité à leur patron. Les dizaines de millions d'enfants, au travail, que ce soit en Asie, mais aussi en Amérique Latine, où le système Nike se développe, viennent de familles les plus démunies. Si le système Nike se développe c'est grâce à une chaîne de complicité - volontaires ou non - allant du "client" jusqu'au patron esclavagiste. Entre les deux, le sous développement , mais aussi les gouvernements qui ont leur part de responsabilité. Le Bureau International du Travail (BIT), après de longs débats, a décidé d'encourager la syndicalisation des enfants. Loin de soutenir le système d'exploitation infantile, ceci constitue le premier d'une longue marche vers le retour des enfants à l'école. Les "entreprises" comme Nike s'en sont déjà rendu compte. De plus en plus elles pratiquent le "saut de puce" en transférant leurs contrats dès qu'apparaît un signe de revendication... Un jour peut-être le saut de puce ne sera plus possible.
Les consommateurs ont des droits, les citoyens des devoirs !
Cette action est la dernière création du laboratoire mouvement spontané.

Source : http://liberezlesenfants.blogspot.com/
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MessageSujet: Re: "Nos" esclaves   Mer 11 Jan 2006 - 17:23

http://www.esclavagemoderne.org/
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MessageSujet: Re: "Nos" esclaves   Aujourd'hui à 12:53

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