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 Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise

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Cyrano
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MessageSujet: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:08

« Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise de la civilisation paysanne »

p. 9
« [Au] XVIIIème siècle […] l’économie agricole restait étriquée, la paysannerie demeurait soumise, écrasée de droits, enfermée dans une communauté rurale qui était à la fois un secours pour le faible et un frein à la modernisation. »

« A l’aube du XXème siècle voici au contraire une agriculture déjà largement modernisée, qui a définitivement écarté le spectre de la disette. »

« La paysannerie est maîtresse de son sol et pèse lourd dans la vie politique du pays. Mais elle n’est déjà plus majoritaire. Une vaste redistribution des hommes est en cours sur le territoire. L’agriculture est de plus en plus dépendante des secteurs de l’industrie et de la distribution. Les vieilles civilisations agraires sont en train de se fondre dans un vaste creuset national. » (Auparavant l’économie était faite de « juxtaposition de circuits régionaux »).
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:08

p. 10
XVIIIème. « La bourgeoisie défait son emprise sur les propriétés rurales pour investir dans l’industrie. Les paysans deviennent propriétaires en s’endettant mais le métayage et le fermage ne disparaissent pas, et pire, la désagrégation de la communauté rurale prive les paysans sans terres d’un support indispensable et doivent aller trouver ailleurs leurs moyens d’existence. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:08

p. 11
« La période 1852-1880 forme comme une apogée de la civilisation rurale. L’essor urbain multiplie les masses de consommateurs non producteurs de vivres. Les prix agricoles montent et les paysans, enrichis, sembleraient pouvoir dicter leurs conditions aux citadins. »

« Période exceptionnelle, où les folklores régionaux, de même que les paysages agraires, atteignent leur plein épanouissement, sans que les processus uniformisateurs de l’urbanisation aient encore trop fait sentir leurs effets. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:09

4/8/1789 Abolition de la féodalité.

Création des communes. Dans le midi ce n’est qu’une réforme de ce qui existe depuis des siècles, les « communautés d’habitants.
p. 28 « Mais ailleurs, là où il n’existait que les paroisses avec pour tout représentant le curé, un syndic des propriétaires et l’agent du seigneur, c’est une création véritable et une libération. »

p. 28
« Ainsi par une admirable correspondance, et qui a sauvé la Révolution, chaque grand mouvement populaire de Paris a eu pour conséquence une libération plus décisive du paysan. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:09

p. 30
« Les biens ruraux [du clergé] eux-mêmes n’étaient pas mis en vente pour le plaisir de distribuer de la terre, mais à seule (ou principale) fin de faire rentrer de l’argent dans les caisses publiques. »

p. 31
« En quelques localités, les paysans purent forcer ou tourner l’obstacle [de l’acquisition des terres par les urbains] en constituant des sortes de syndicats d’acquéreurs, ou même en intimidant le concurrent capitaliste… »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:10

Les biens communaux

p. 32
« Les gens sans terre avaient tendance à préférer, plutôt que la possession d’une infime parcelle, le droit de faire parcourir tout le bois, lande ou garrigue aux quelques têtes de bétail qu’ils avaient. »

« Les Constituants étaient, dans l’ensemble, de l’opinion des riches, moins sans doute par brutale solidarité de classe qu’en vertu d’une conviction sincère suivant laquelle la modernité et le progrès exigeaient l’appropriation individuelle, tandis que l’usage communautaire était routinier. Dans leur esprit, souvent, le « féodal » et le collectif étaient ainsi l’objet de réprobations conjointes. »

« L’esprit de rationalisme agronomique inhérent aux Lumières était malaisément accessible aux plus pauvres des paysans, dont l’intérêt immédiat était souvent mieux couverts par les usages les plus traditionnels, les plus archaïques et communautaires. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:10

p. 37
« L’infinie complexité des problèmes ruraux concrets empêchait que les jacobins eux-mêmes, d’origine bourgeoise et citadine, de culture philosophique plus souvent que pratique, les aient pleinement assimilés, et la bonne volonté que les meilleurs d’entre eux apportaient en faveur du « peuple des campagnes » ne pouvait tenir lieu toujours de compétence, ni en un mot de combler le fossé. »

p. 48
« Babeuf a donc bien droit d’être rappelé ici, pour illustrer l’un des enracinements typiques de la modernité la plus hardie (le communisme, en l’occurrence) dans la ruralité. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:10

p. 78
« La prolétarisation d’une partie de la masse rurale s’est trouvée aggravée par les restrictions apportées à la pratique des droits collectifs et des divers droits d’usage. Ainsi dès qu’une crise économique survient, en rapport avec une récolte catastrophique ou une aggravation du chômage dans l’artisanat, la misère se fait plus durement ressentir. C’est ce qui se produit de 1846 à 1852, d’où des explosions de colère dans les masses rurales. »

« L’agitation est particulièrement intense dans les zones forestières de l’Est et des Pyrénées, et dans les régions où les droits collectifs tenaient une grande place dans la vie des pauvres. Il en est ainsi dans la Meuse, le Cher ou l’Hérault. Dans le Morvan, les paysans s’en prennent aux châteaux habités par des usurpateurs de communaux. En Champagne ils rétablissent, par la force, la vaine pâture. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:10

p. 79
« Pour rétablir l’ordre dans les campagnes il ne faudra pas moins de 60 000 hommes de troupe, outre les gardes nationaux qui, parfois, pactisent avec les révoltés ou, au mieux, laissent faire. »

p. 82
« Ne doit pas non plus être négligée l’influence exercée par certaines mesures administratives ou législatives, comme le Code forestier de 1827 ou le partage des communaux, favorisé pendant le règne de Louis-Philippe. Leurs conséquences sont néfastes pour le peuple rural. Les éléments les plus pauvres, journaliers, petits propriétaires et petits fermiers, se trouvent privés des droits d’usage qui leur permettaient de se chauffer gratuitement ou de nourrir quelque menu bétail comme chèvres, moutons ou « vaches du pauvre ». Le risque d’indigence est aggravé d’où un fort mécontentement dont témoigne l’accroissement des délits forestiers dans le Pays basque, dans les Vosges, en Lorraine, pour ne citer que des régions plus particulièrement atteintes. L’application du Code de 1827 peut être à l’origine d’une émigration définitive. C’est ce qui se produit dans la région boisée de l’Aisne méridionale. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:11

« La propriété et les classes sociales »

p. 87
« Il faut pour être électeur aux élections législatives [après 1814] (il n’y en a point d’autres encore), avoir au moins trente ans d’âge et payer une contribution directe d’au moins 300 francs. A l’époque, dans la somme des quatre contributions directes existantes, l’essentiel provenait de la cote foncière. Très rares étaient les industriels et commerçants qui atteignaient le cens grâce à la seule patente. Le droit électoral était donc bien lié à la propriété du sol, et même à une assez grosse propriété puisque le nombre d’électeurs pour toute la France n’atteignait pas 100 000. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:11

p. 88
« Eliminer de la classe politique les non-propriétaires, présumés incapables par leur analphabétisme ou par leur dépendance économique, la Révolution elle-même l’avait déjà fait, à certains moments. Considérer tous les propriétaires comme à peu près capables en politique, et comme liés par un intérêt commun en face des théories collectivistes, on y songera sous la Seconde République. Mais ce conservatisme de masse qui consistera à opposer tous les propriétaires aux non-propriétaires, ce conservatisme à la fois bourgeois et petit-bourgeois, virtuellement présent dès 1789, explicite en 1850, plus tard fondement durable d’un agrarisme à la française, ce conservatisme-là n’est pas celui de 1814. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:11

p. 92
Les classes sociales : « Les paysans, comme les ouvriers et artisans, voire les petits boutiquiers et certains petits patrons, sont à coup sûr dans le peuple car le peuple travaille de ses mains. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:12

p. 95
« « Le demi-bourgeois resté établi au village » […] Ces gens là, qui ne sont ni barons ni comtes, on les eût appelés sous l’Ancien Régime des « bourgeois », sans hésitation ni équivoque. Au XIXème siècle le mot de « bourgeois » sort de l’usage en ce sens précis, « prolétaire » ne le remplace guère, sinon dans les documents officiels, car c’est un terme large, que les plus gros paysans méritent aussi, et portent en effet parfois. Le terme qui s’impose alors partout, dans la langue familière des paysans, pour désigner ces propriétaires non exploitants, est celui de « Monsieur », « lei moussus ». »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:12

p. 99
« L’Alsace, où la vente des biens du clergé a été totale, et où le déracinement de la propriété mobiliaire a été facilité par le caractère étranger d’une partie des anciens nobles possédant des domaines sur les deux rives du Rhin, peut être considérée comme un bon exemple des pays de paysans propriétaires, un « Bauernland », une démocratie rurale. […] Au cadastre de 1826, 15% du sol est en bien communal, 5% seulement appartient à des forains citadins, le reste est à des paysans, soit de la commune (72%), soit de communes limitrophes (8%). La terre cultivable est partagée entre quelques 200 propriétaires, dont 5 seulement possèdent plus de 10 hectares, plus de 100 moins de 1 hectare. Au recensement de 1836, les 760 habitants forment 125 ménages, dont 63 de cultivateurs, 9 de journaliers agricoles, 45 d’artisans, ce qui est en effet énorme ; 8 divers (marchands, cabaretier, boucher et boulanger, instituteur et pasteur). « Démocratie » typique, prospère mais proliférante, aux limites du surpeuplement d’ailleurs […]. »

p. 100
L’exemple de l’aquitaine -> grande diversité dans la société paysanne.
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:12

p. 104
« En le schématisant quelque peu, le « communisme » agraire subsistant comprenait trois éléments principaux : la vaine pâture et le parcours (des troupeaux, sur les friches, et sur les cultures après enlèvement des récoltes) ; les droits d’usage dans les forêts (domaniales, communales ou privées) ; et enfin une certaine façon d’user des biens communaux non boisés.
Les classes dirigeantes éclairées étaient très hostiles à ces vestiges d’un temps où la propriété privée n’était pas encore sacrée. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:12

p. 105
« Les auteurs du "Mémoire statistique sur la Moselle" (an IX) l'expriment ainsi: "les droits de parcours, de vaine pâture, les communaux sont, avec la passion d'acquérir, des obstacles au progrès de l'industrie parce qu'ils fournissent aux prolétaires les moyens d'élever et d'entretenir du bétail, dont ils obtiennent une partie de leur nourriture et de leurs vêtements, sans que le besoin les contraigne d'y pourvoir par le travail." C'était souhaiter ouvertement une évolution rurale à l'anglaise où, la campagne entière se partageant en bonnes propriétés closes, le prolétaire serait invinciblement poussé vers la domesticité, aux champs et bientôt à l'usine. »
« (en Moselle, par exemple, interdiction de vaine pâture la nuit, et suppression progressive de la vaine pâture sur les prés après la première fenaison, rien de plus) »

« Reste la question des biens communaux, qui étaient souvent des bois, mais souvent aussi des terrains vagues utilisés pour le parcours des bestiaux. […] sous la pression des municipalités et des grands exploitants, ils ont été de plus en plus souvent donnés en location, au lieu d’être à la disposition de tous. Ils ont ainsi perdus « peu à peu leur caractère de propriété du pauvre » (H. Contamine). »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:13

p. 125
« On a déjà noté les hésitations tant de la Convention que des municipalités devant le problème des biens communaux. L’enjeu était de taille, d’où l’âpreté et la longue durée de la controverse qui opposa les partisans et les adversaires du partage. Les premiers estimaient qu’il s’agissait là de vastes surfaces peu ou mal exploitées. Ces « déserts », « vastes solitudes », représentaient « une honte pour l’agriculture d’un pays civilisé » : ainsi s’exprime, en Alsace, l’agronome Schwerz (1816) qui voit, dans la plaine d’Erstein, ces étendues livrées à elles-mêmes, au milieu d’un pays surpeuplé. […] Mais, le paysan imaginait difficilement la fin du parcours et de la vaine pâture. Pour lui il y avait une violation sacrilège d’un ordre établi depuis des siècles, les champs étaient destinés aux blés, et les prés aux vaches. En Normandie, tout ceux qui avaient du bétail s’opposèrent au partage, qui devait rendre impossibles les pacages. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:13

p. 127
« En Côte-d’Or, R. Laurent a montré que « les paysans jouirent tranquillement de leurs biens communaux jusqu’en 1813 ». A ce moment, ils s’opposèrent à la loi du 20 mars 1813 qui prévoyait la vente des biens affermés. En 1836 encore, le préfet peut écrire que le souvenir de cette loi reste vivant dans ces contrées et « les populations voient avec une extrême méfiance l’intervention de l’administration ». Si bien que, lors de l’enquête de 1838, « les maires dissimulèrent considérablement le nombre d’hectares de terrains susceptibles d’être livrés à la culture » sous toutes sortes de prétextes. […] En Auvergne plus encore on reste fidèle aux communaux. Car il s’agit là non seulement des « coudercs », situés près des villages, fulés et réservés aux oies, aux moutons et aux juments ; mais aussi de « montagnes », c’est-à-dire de pâturages d’altitude, dont la dislocation paraît impensable. Vers 1870, alors que les communaux succombent en Alsace et dans le pays de Caux, le Cantal compte encore 2 000 000 hectares de pâtures communes sur 2 700 000, soit 75% (Durand)… »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:13

« Un peuple indocile »

p. 145
« Pourtant, le fait que la paysannerie d’alors ne soit – à d’infimes exceptions près peut-être – ni jacobine, ni voltairienne, ni « politisée », n’implique nullement qu’elle soit immobile. A un certain degré d’archaïsme en effet, une rébellion sociale latente peut très bien coexister avec un conformisme spirituel profond. A cette époque encore, et à ce niveau social, l’analyse de « mentalité » est plus pertinente que l’analyse d’ « opinion ». »

« On conçoit, à tous ces caractères combinés, que les tumultes et effervescences soient nés dans les villages et les campagnes beaucoup plus aisément autrefois qu’aujourd’hui, que la manifestation (comme nous dirions) y ait été monnaie courante, et la rébellion même non exceptionnelle […]. La fréquence de la manifestation protestataire était d’ailleurs favorisée par la vie folklorique, encore intense, qui en fournissait les modèles et les moyens. Le charivari (vacarme rituel fait à grand renfort de tambours, de cornes d’appel des bergers, de sifflets, de chaudrons ou de casseroles battus, etc., sous les fenêtres d’un veuf qui avait le « tort» de se remarier) […] est couramment utilisé contre ceux dont une partie de la communauté peut se plaindre, quel que soit le motif. »
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Jeu 24 Nov 2005 - 11:14

p. 146
« Folklore enfin des fêtes de village, suivies de bals, où les jeunesses de communes voisines se rencontrent, et où la moindre dispute particulière (pour une bousculade ou pour une fille) déclenche la bataille entre les blocs vites soudés des groupes villageois unanimes.
Rien de tout cela n’est bien grave, sauf si l’autorité entend le réprimer. Car la pratique folklorique (à l’état pur ou dérivée vers un autre usage social) est pour les paysans profondément naturelle, elle fait partie de la vie, de la coutume, du patrimoine ; sa répression est donc jugée particulièrement anormale et scandaleuse. Aussi, deux « jeunesses » qui se battent se réconcilient-elles pour battre les gendarmes qui venaient les séparer.
En bref, dans les campagnes et villages de ce temps, la brutalité est endémique et l’indocilité mille fois plus fréquente que de nos jours.»
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MessageSujet: Re: Biblio : « Histoire de la France rurale, T3, apogée et crise   Aujourd'hui à 12:45

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