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 ... Forêz... per Mr. Chazal de Marcilly-le Châtél

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Louka81
Arpitaniste forcené
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MessageSujet: ... Forêz... per Mr. Chazal de Marcilly-le Châtél   Jeu 2 Oct 2008 - 21:48

L’éllï que minjave les poules ; ou, ce que le bolloun o trouvo
La « buse » qui mangeait les poules ; ou, Ce que le ballon a trouvé


flower

Vouère djin le le Cantal, pa loin de Saint Flour. La pâr Pélissier élevave de feuïe, é o pordë toute ses poules.
C’était dans le Cantal, pas très loin de Saint-Flour. Le Père Pélissier élevait des brebis, et il perdait aussi toutes ses poules.

Moun cuzin s’ère morio vé ino filli de di lé, é o l’ove foué batji ino mouésoun o coutië de lo fermo do pâr Pélissier. Yore o l’ove tré tchui, tré tchui fourignats-Cantalou, é le kouason (le tcha) avë gu de gran ennui de santé mè finalomon o se n’on ère bion tjirô ; é ko jour o juav o foute de tout soun kur vè soun pâr, su le chemï dovan chi le pâr Pélissier posk’illé si o passe doué ou tré voture po jour su le chemi, voué bion tout.
Mon cousin avait épousé une fille de par là-bas, et il avait fait construire une maison près de la ferme du Père Pélissier. Il avait maintenant trois enfants, trois petits foréziens cantalous, et le plus jeune avait eu de gros ennuis de santé mais finalement il s’en sortait bien, et ce jour-là il jouait au foot de tout son cœur avec son père, sur le chemin devant chez le père Pélissier parce que là-bas s’il passe deux ou trois voitures sur le chemin dans une journée c’est bien tout.

On toboulan de tout soun Kur djin le bolloun le tchoueu l’onvoye djin le fousso juste o l’intra de lo Kour de les feuïe, et le bolloun voué se beta djin le tuyo do konivo. Le tchoueu Kour po olla le reprondre, o l’ovise djin le tuyo, o se relève et o sounne soun pâr : « Pa, Pa, yo no bétji djin le portu ».
En tapant de tout son cœur dans le ballon le petit l’envoie dans le fossé juste à l’entrée de la cour des brebis, et le ballon va se mettre dans le tuyau du caniveau de l’entrée. Le petit court pour aller le reprendre, il regarde dans le tuyau, et il se relève et il crie à son père « Papa, Papa, y a une bête dans le trou. »

Moun cuzin l’y voué ; é o veu djin le nië pas ino bétji mais sèt zeu que brillavoun et l’ovizavoun. Ô dji o soun gorsoun Jean Philippe : « j’ollon zo djire o pâr Pélissier, Voué mountouë lo bétji que li mînje sé poules ».
Mon cousin y va et il voit dans le noir pas une bête mais sept yeux qui brillaient et le regardaient. Il dit à son fils Jean-Philippe : « On va le dire au Père Pélissier, c’est peut-être la bête qui lui mange ses poules ».

Le par Pélissier ove foué de recharche et de bottué vé lu zotru chossure djin lu boué alentour, et o l’ove fini po se djire que vouère l’éllï ke lez oropave. Ô love pas ponso o ovisa djin le Konivo de l’intra de so kour : Ouère itchi qu’ère le rénère!
Le Père Pélissier avait fait des recherches et des battues avec les autres chasseurs dans tous les bois des environs, et il avait fini par se dire que c’était la buse qui les attrapait. Il n’avait pas pensé à regarder dans le caniveau de l’entrée de sa cour : c’était là qu’était le renard !

Olôr é van kar le pâr è é revenoun tu tré, le pâr Pélissier vé le fizi. Mè ron ! Djin le konivo, dongu. Lo rénardo ( porce que vouère iello, par in rénère) et tout su tchui èroun portchi, ni moun kuzin ni dongu lu zan reveu.
Alors ils vont chercher le Père et ils reviennent tous les trois, lui avec le fusil. Mais ouate ! Dans le caniveau, plus personne. La renarde (car c’était elle, pas un renard) et tous ses petits étaient partis, et jamais plus ni mon cousin ni personne ne les revirent.

Voué kemo mo dji le gardo Tournebise : « Lu zonimo oué ma de bétche nianno ke soun mé înstrui ke nu. Et lu peur lu proumië ». O voulë djire lu songllar.Lu rénère tout autan.
C’est comme me dit Tournebise le garde : « Les animaux c’est que des bêtes mais y en a qui sont plus instruits que nous. Et les cochons les premiers». Ce qui veut dire pour lui les sangliers. Et les renards aussi, donc.

Mais o fet porkoue set zeu et pas huit ? Le pâr Pélissier avë in’idé su ke lo veya . O dé tétre lo mar, quelo que jovïn tchiro in jour é l’oro pordu in eu ». El ère itchi vé su tré tchui lo rénèrdo, ké lovë bion nuri vé de bouné pole pa élevé on botorio ; mè yore é l’ère portjio kar fourtuno ayur.
Mais au fait, pourquoi sept yeux, et pas six ou huit ? Le Père Pélissier avait une idée là-dessus. « Ca doit être la mère, celle sur qui j’ai tiré un jour, et elle aura perdu un œil. » Si on calcule bien, elle était donc là avec trois petits, la renarde, qu’elle tenait bien nourris de bonnes poules pas élevées en batterie, mais elle était allée chercher fortune ailleurs.

Ino doréri questioun me djizi Tournebize. ke mo o se foué que lu chi ne lu zovioun pas sintu, le pär Pélissier ove in chin un po les feuïe, un po lo chassï. Olor, le possajou de les feuïe devë onleva l’odür do rénère. Po lo rénèrdo et su tjuï vouère ino ruso o nâ et o lo barbo de lu chi. Y avë no covoléri amérikéno que djizë que yovë ma le porfün de lovando po keurâ l’odur de lu chovo. Voué kion me djizi Tournebize, lo rénèrdo se porfumavë o lo feuie.
Une dernière question, me dit Tournebise. Comment ça se fait que les chiens les avaient pas sentis, la renarde et ses enfants? Et c’est bien vrai, le Père Pélissier en avait deux bien sûr, un pour les brebis, l’autre pour la chasse. Alors ? La réponse est peut-être bien l’odeur des brebis. Pour la renarde et ses enfants, c’était comme une couverture qui les couvrait au nez et à la barbe des chiens. Ya une cavalière américaine qui disait que la lavande est le seul parfum capable de couvrir l’odeur des chevaux. C’est ça, conclut Tournebise, la renarde se parfumait à la brebis.

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Lôren'
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MessageSujet: Re: ... Forêz... per Mr. Chazal de Marcilly-le Châtél   Ven 3 Oct 2008 - 11:25

franc bravo cel texto ! Very Happy
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